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La bataille d'Essling,

En 1809, l'Autriche, voyant Napoléon embourbé dans l'interminable guerre d'Espagne...
La Bataille d'Essling par Fernand Cormon

Parfois appelée bataille d'Aspern-Essling ou bataille d'Aspern, est une bataille qui mit aux prises les troupes françaises et autrichiennes, dans la banlieue de Vienne, du 20 au 22 mai 1809. Considérée par les Autrichiens comme une victoire et par les Français comme un échec provisoire, elle se solda par la perte d'environ 45 000 soldats (morts, blessés, prisonniers) des deux armées, et en particulier, du côté français, par celle du maréchal Lannes, mort le 31 mai des suites des blessures reçues le 22.

En 1809, l'Autriche, voyant Napoléon embourbé dans l'interminable guerre d'Espagne et sentant son alliance avec la Russie fragile, pense utiliser le meilleur moment pour effacer l'humiliation d'Austerlitz et le dur traité de Presbourg qui s'ensuivit. Alors que l'Autriche passe à l'attaque en Bavière, Napoléon parvient à rassembler en Allemagne une armée très importante, toutefois moins aguerrie que ses unités de vétérans en Espagne.

Alors que Napoléon occupe Vienne le 13 mai, l'archiduc, après avoir détruit les ponts sur le Danube, regroupe son armée à cinq kilomètres au nord-est de la capitale, à proximité de Bisamberg, une hauteur sur la rive gauche du fleuve. Les Français doivent traverser le Danube. Deux possibilités sont retenues : l'île de Schwarze Lackenau en amont de Vienne, et l'île Lobau en aval. Mais à la suite d'une manœuvre manquée du général Saint-Hilaire au matin du 13 mai, les bataillons chargés de s'emparer de Schwarzelaken sont détruits, et les Français se retournent vers Lobau, désormais la meilleure possibilité de passer le fleuve.

L'archiduc Charles à la bataille d'Essling

Côté autrichien, Hiller, Bellegarde et Hohenzollern doivent converger sur Aspern, puis attaquer Essling. La cavalerie autrichienne est au centre, prête à riposter contre toute attaque de la cavalerie française à la tête des colonnes. Le 21 les ponts sont devenus de plus en plus instables, à cause de la violence du courant, du flot des soldats qui traversent sans interruption toute la journée et pendant la nuit, de la crue du fleuve et des objets flottants de toutes sortes qu'envoient les Autrichiens depuis l'amont. Ces ponts seront la clef des batailles d'Essling et de Wagram.

À l'aube du 22, la bataille reprend. Masséna dégage Aspern de l'ennemi, mais en même temps Rosenberg donne l'assaut à Essling. Lannes, qui résiste toujours désespérément, reçoit les renforts de la division de Saint-Hilaire, et repousse Rosenberg. Dans Aspern, Masséna est à son tour repoussé par une contre-attaque de Hiller et de Bellegarde.

Le pont allant de la rive droite sur Lobau est rompu ; la réparation va demander un ou deux jours. Napoléon comprend que la bataille ne peut être gagnée. Tout le corps de Davout et les autres troupes restantes, presque trente mille hommes vont rester bloqués, inutiles, sur l'autre rive ; les munitions et le ravitaillement vont vite être épuisés ; l'empereur ne pourra pas alimenter sa percée ; pire, il va s'exposer dangereusement en persistant. Il donne donc l'ordre aux maréchaux d'arrêter l'attaque, puis de se replier, corps par corps et en rendant coup pour coup jusqu'à la tête de pont de la rive gauche.

Les Autrichiens profitent de cette opportunité inespérée. Le commandant en chef Charles, voyant le flottement dans la ligne française, fait donner sa réserve. Lançant l'attaque sur la division Saint-Hilaire, qui protège le recul de l'infanterie, la cavalerie autrichienne l'accable ; Saint-Hilaire est tué, et Lannes doit prendre le commandement pour ramener la division sans la perdre totalement. Il n'est alors que neuf heures du matin : repoussés une première fois d'Aspern, les Autrichiens se lancent sur Essling et s'empare d'une grande partie du village. Reportant son effort vers le centre français, les troupes autrichiennes sont toutefois repoussées par les efforts conjugués de Lannes et de Bessières. L'infanterie de la Jeune Garde, menée par Mouton et Rapp, fond sur Essling et repousse les troupes ennemies.

L'infanterie française dans les rues d'Essling.
Napoléon rendant visite aux blessés de Lobau, peinture de Charles Meynier.

Les pertes sont lourdes du côté des Français : un maréchal, trois généraux, 120 officiers et 5 507 soldats ont été tués. 13 généraux, 616 officiers et 17 940 soldats sont blessés. 14 officiers et 2 474 soldats sont faits prisonniers.

Du côté des Autrichiens, l'archiduc Charles déclare que ses pertes sont de 4 200 morts et 16 000 blessés.

Napoléon perd un de ses meilleurs officiers et ami : le maréchal Jean Lannes, qui meurt des suites de ses blessures. Napoléon abandonne le commandement quelque temps pour visiter et pleurer son ami qu'il sait perdu. Quelle perte pour la France et pour moi ! C'est également le premier maréchal de l'Empire à mourir au combat.

Le maréchal Masséna reçut le titre de prince d'Essling pour le travail qu'il accomplit durant toute la bataille. Du côté autrichien, l'officier de chasseurs dont les efforts avait permis de rompre les ponts français reçut la décoration de Marie-Thérèse, réservée à ceux qui faisaient "plus que leur devoir".

Selon le général Thoumas, seule la rupture des ponts a permis à l'archiduc Charles de remporter un semblant de victoire…

Illustrations :

La Bataille d'Essling par Fernand Cormon

L'archiduc Charles à la bataille d'Essling

L'infanterie française dans les rues d'Essling.

Napoléon rendant visite aux blessés de Lobau, peinture de Charles Meynier.

La mort du maréchal Lannes par Paul-Émile Boutigny.

La mort du maréchal Lannes par Paul-Émile Boutigny.
Tag : Un jour dans l'Histoire...
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