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20 novembre 1759 : bataille maritime des Cardinaux ou de la baie de Quiberon

Écrit par :
Jean-Claude JUNIN

Date de parution :
20 novembre 2023

Lieu :
Un jour dans l'Histoire...

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20 novembre 1759 : bataille maritime des Cardinaux ou de la baie de Quiberon

Moins connue que la célèbre bataille de Trafalgar de 1805 mais tout aussi décisive, la bataille des Cardinaux, également appelée bataille de la baie de Quiberon et qui se voulait l’aboutissement du projet d’invasion de la Grande-Bretagne, se déroule durant la guerre de Sept Ans qui oppose depuis 1756 la France alliée à l’Autriche contre la Prusse et l’Angleterre, et marque une singulière défaite de notre flotte face aux forces maritimes anglaises
Malgré la mauvaise impression causée par la récente défaite, contre les Anglais, de Lagos le 19 août 1759, le cabinet de Louis XV n’interrompit pas les préparatifs de l’entreprise qui, sous le titre mystérieux « d’expédition particulière » était dirigée contre l’Angleterre et visait son invasion.

Pour la réussite de ces projets audacieux, dont le commandement avait été confié au maréchal Hubert de Brienne, comte de Conflans, il eût fallu une prompte exécution qui n’était guère compatible avec la faiblesse de notre marine, la pénurie de ses ressources, la timidité de ses officiers et surtout le manque de fonds. La cour de Saint-James, mise en éveil par des préparatifs qu’il était impossible de tenir secrets, eut tout le loisir de concerter ses mesures de défense.

20 novembre 1759 : bataille maritime des Cardinaux ou de la baie de Quiberon

Moins connue que la célèbre bataille de Trafalgar de 1805 mais tout aussi décisive, la bataille des Cardinaux, également appelée bataille de la baie de Quiberon et qui se voulait l’aboutissement du projet d’invasion de la Grande-Bretagne, se déroule durant la guerre de Sept Ans qui oppose depuis 1756 la France alliée à l’Autriche contre la Prusse et l’Angleterre, et marque une singulière défaite de notre flotte face aux forces maritimes anglaises
Malgré la mauvaise impression causée par la récente défaite, contre les Anglais, de Lagos le 19 août 1759, le cabinet de Louis XV n’interrompit pas les préparatifs de l’entreprise qui, sous le titre mystérieux « d’expédition particulière » était dirigée contre l’Angleterre et visait son invasion.

Pour la réussite de ces projets audacieux, dont le commandement avait été confié au maréchal Hubert de Brienne, comte de Conflans, il eût fallu une prompte exécution qui n’était guère compatible avec la faiblesse de notre marine, la pénurie de ses ressources, la timidité de ses officiers et surtout le manque de fonds. La cour de Saint-James, mise en éveil par des préparatifs qu’il était impossible de tenir secrets, eut tout le loisir de concerter ses mesures de défense.

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La jonction de l’escadre de Toulon avec celle de Brest ne put se faire. Et c’était du côté de Brest que le danger paraissait le plus imminent. Aussi l’amiral Edward Hawke, de la Royal Navy, eut-il mission, avec 24 vaisseaux, de surveiller les côtes de Bretagne, le gros devant Brest, quelques bâtiments détachés aux abords d’Audierne et de Lorient, et une réserve à Plymouth pour faciliter le ravitaillement successif. Avec la confiance qu’engendre le succès, Hawke écrivait à l’amirauté : « Cela m’est indifférent d’avoir à combattre l’ennemi, s’il sort, à nombre égal ou avec un vaisseau de plus ou en moins. »

Au lieu de prendre le chemin le plus court, Conflans gagna la pleine mer et ne se rapprocha de la terre que le 19 novembre. Le 20, au point du jour, on aperçut quelques voiles ; c’étaient les frégates de Duff ; on leur donna la chasse et on était sur le point de les atteindre quand, les vigies signalèrent une escadre ennemie dans laquelle on distingua « au moins 23 vaisseaux de ligne dont plusieurs paraissaient à 3 ponts ». Conflans, qui jusqu’alors « regardait comme impossible que les ennemis eussent dans ces parages des forces supérieures, ni même égales », comprit qu’il était en présence de toute la flotte anglaise.

La jonction de l’escadre de Toulon avec celle de Brest ne put se faire. Et c’était du côté de Brest que le danger paraissait le plus imminent. Aussi l’amiral Edward Hawke, de la Royal Navy, eut-il mission, avec 24 vaisseaux, de surveiller les côtes de Bretagne, le gros devant Brest, quelques bâtiments détachés aux abords d’Audierne et de Lorient, et une réserve à Plymouth pour faciliter le ravitaillement successif. Avec la confiance qu’engendre le succès, Hawke écrivait à l’amirauté : « Cela m’est indifférent d’avoir à combattre l’ennemi, s’il sort, à nombre égal ou avec un vaisseau de plus ou en moins. »

Au lieu de prendre le chemin le plus court, Conflans gagna la pleine mer et ne se rapprocha de la terre que le 19 novembre. Le 20, au point du jour, on aperçut quelques voiles ; c’étaient les frégates de Duff ; on leur donna la chasse et on était sur le point de les atteindre quand, les vigies signalèrent une escadre ennemie dans laquelle on distingua « au moins 23 vaisseaux de ligne dont plusieurs paraissaient à 3 ponts ». Conflans, qui jusqu’alors « regardait comme impossible que les ennemis eussent dans ces parages des forces supérieures, ni même égales », comprit qu’il était en présence de toute la flotte anglaise.

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Le 20 novembre, vers neuf heures, on découvrit la flotte française ; l’amiral anglais donna l’ordre aux 7 vaisseaux les plus avancés de se mettre en ligne et « d’essayer d’arrêter les Français jusqu’à l’arrivée du reste de l’escadre, qui se formerait, tout en continuant la chasse, de façon à ne pas perdre un moment pour la poursuite... Toute la journée, nous eûmes une brise très forte avec gros grains. M. de Conflans s’éloignait avec toutes les voiles que son escadre pouvait porter sans se séparer ; quant à nous, nous courions après lui avec toute la toile que nos vaisseaux étaient capables de supporter. À 2 heures et demie, le feu a commencé, je fis le signal de combat ; nous étions alors au sud de Belle-Isle et l’amiral français en tête ; peu de temps après, il doubla les Cardinaux, pendant que son arrière-garde était engagée. »

Le bilan des journées désastreuses des 20 et 22 se traduisit, pour la marine française, par la perte de 6 vaisseaux, dont 1 pris, 3 naufragés et 2 détruits, et d’environ 2 500 hommes, dont la grande majorité noyés. Les Anglais eurent 2 vaisseaux naufragés et, d’après leur relation officielle, 300 hommes hors de combat auxquels il convient d’ajouter une centaine de noyés ou de débarqués sur la côte française et par conséquent prisonniers. La défaite de Conflans et la dispersion de la seule flotte qui restât à Louis XV déterminèrent la cour à abandonner l’expédition particulière. Le corps d’armée d’Aiguillon fut réparti dans les garnisons de la Bretagne et des côtes de la Manche.

Le 20 novembre, vers neuf heures, on découvrit la flotte française ; l’amiral anglais donna l’ordre aux 7 vaisseaux les plus avancés de se mettre en ligne et « d’essayer d’arrêter les Français jusqu’à l’arrivée du reste de l’escadre, qui se formerait, tout en continuant la chasse, de façon à ne pas perdre un moment pour la poursuite... Toute la journée, nous eûmes une brise très forte avec gros grains. M. de Conflans s’éloignait avec toutes les voiles que son escadre pouvait porter sans se séparer ; quant à nous, nous courions après lui avec toute la toile que nos vaisseaux étaient capables de supporter. À 2 heures et demie, le feu a commencé, je fis le signal de combat ; nous étions alors au sud de Belle-Isle et l’amiral français en tête ; peu de temps après, il doubla les Cardinaux, pendant que son arrière-garde était engagée. »

Le bilan des journées désastreuses des 20 et 22 se traduisit, pour la marine française, par la perte de 6 vaisseaux, dont 1 pris, 3 naufragés et 2 détruits, et d’environ 2 500 hommes, dont la grande majorité noyés. Les Anglais eurent 2 vaisseaux naufragés et, d’après leur relation officielle, 300 hommes hors de combat auxquels il convient d’ajouter une centaine de noyés ou de débarqués sur la côte française et par conséquent prisonniers. La défaite de Conflans et la dispersion de la seule flotte qui restât à Louis XV déterminèrent la cour à abandonner l’expédition particulière. Le corps d’armée d’Aiguillon fut réparti dans les garnisons de la Bretagne et des côtes de la Manche.

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Illustrations :

La bataille de la baie de Quiberon. Peinture de Nicholas Pocock (1812)

Rencontre du maréchal de Conflans et de l’amiral Edward Hawke au large de Belle-Isle
le 20 novembre 1759. Carte de Georg Christoph Kilian de 1759 extraite de
Théâtre de guerre en Allemagne, des années 1756, 1757, 1758, 1759 paru en 1760

L’amiral Edward Hawke (1710-1781). Peinture de Francis Cotes (1726-1770)

La bataille de la baie de Quiberon, 21 novembre 1759 : le Jour d’après.
Peinture de Richard Wright (1760)

 

Source : (D’après « La guerre de Sept Ans. Histoire diplomatique et militaire » (Tome 3), paru en 1904)

Illustrations :

La bataille de la baie de Quiberon. Peinture de Nicholas Pocock (1812)

Rencontre du maréchal de Conflans et de l’amiral Edward Hawke au large de Belle-Isle
le 20 novembre 1759. Carte de Georg Christoph Kilian de 1759 extraite de
Théâtre de guerre en Allemagne, des années 1756, 1757, 1758, 1759 paru en 1760

L’amiral Edward Hawke (1710-1781). Peinture de Francis Cotes (1726-1770)

La bataille de la baie de Quiberon, 21 novembre 1759 : le Jour d’après.
Peinture de Richard Wright (1760)

 

Source : (D’après « La guerre de Sept Ans. Histoire diplomatique et militaire » (Tome 3), paru en 1904)

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Bataille Maritime

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