Il y a la sardine de Marseille… désormais, voici les moules de Saint-Albin !
juillet 29, 2026 | by Jean-Claude JUNIN
Il y a la sardine de Marseille… désormais, voici les moules de Saint-Albin !
En France, les histoires insolites font partie de notre patrimoine. Après la célèbre légende de « la sardine qui a bouché le port de Marseille » – née d’un navire nommé La Sartine dont le naufrage a alimenté une expression devenue mythique – voilà qu’une nouvelle anecdote vient enrichir le folklore national. Cette fois, direction Saint-Albin, en Haute-Saône, où ce ne sont ni un bateau ni un poisson qui ont paralysé une voie navigable… mais des moules !
L’histoire pourrait prêter à sourire si elle n’avait pas entraîné une véritable opération de sauvetage. Les Voies navigables de France (VNF) ont découvert que l’écluse de Saint-Albin fonctionnait de plus en plus difficilement. Impossible pour l’une des portes de se fermer correctement, compromettant la retenue d’eau indispensable au passage des bateaux.
Après une première inspection sans résultat concluant, les plongeurs ont finalement fait une découverte pour le moins surprenante : près de 5,5 tonnes de coquilles de moules, mêlées à des fourchettes, couteaux et morceaux d’assiettes, tapissaient le fond du canal sur près de vingt mètres de long et quarante centimètres d’épaisseur !

On imagine aisément la scène. Si la célèbre comptine « À la pêche aux moules » évoque les vacances sur les plages de l’Atlantique, à Saint-Albin, les plongeurs ont, eux, pratiqué une version inédite : la pêche… aux moules déjà mangées !
L’enquête a rapidement conduit vers un restaurant saisonnier situé à proximité de l’écluse. Selon les éléments retenus par la justice, les coquilles étaient régulièrement rejetées dans le canal. Résultat : plusieurs jours d’intervention, mobilisation de plongeurs, tractopelles, mise à sec du chenal et évacuation de tonnes de déchets.
La facture, elle, a été beaucoup moins légère que les coquilles. Après avoir refusé de régler les frais de remise en état estimés à 18 600 euros, l’établissement a saisi le tribunal administratif de Besançon. Mauvaise pioche : en juillet 2026, la justice a confirmé sa responsabilité et ajouté 3 000 euros d’amende, portant le total à près de 22 000 euros.
Cette affaire rappelle avec humour qu’un petit geste répété peut avoir de grandes conséquences. Une coquille paraît anodine, plusieurs millions deviennent un véritable barrage. Comme quoi, les moules peuvent parfois être aussi redoutables qu’un barrage flottant !
La France compte décidément un incroyable talent pour produire des histoires aussi improbables qu’inoubliables. Après la sardine de Marseille, les moules de Saint-Albin entrent sans doute dans le palmarès des anecdotes les plus savoureuses. Avec une différence de taille : cette fois, l’histoire est bel et bien réelle !
Et si cette mésaventure fait aujourd’hui sourire, elle rappelle surtout l’importance de préserver nos rivières, nos canaux et notre environnement. Car le plus beau des patrimoines reste celui que chacun contribue à protéger, une coquille… à la fois.
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