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Jean-Paul Camerano, la girouette qui se grippe

janvier 18, 2026 | by Jean-Claude JUNIN

GIROUETTE1 – Copie

Jean-Paul Camerano, la girouette qui se grippe : une candidature RN en chute libre

La séquence politique grassoise prend des allures de désagrégation accélérée pour Jean-Paul Camerano, candidat RN aux municipales de 2026. Après avoir été lâché par l’UDR d’Éric Ciotti, voilà qu’il perd un nouveau soutien, celui du pseudo « RPR », micro-parti gravitant dans l’orbite du Rassemblement national. Une rupture de plus, symptomatique d’une candidature sans colonne vertébrale politique, ballotée au gré des alliances et désormais fragilisée par des dérives idéologiques assumées.

Des soutiens qui fondent… et des raisons lourdes

Le départ claque comme un avertissement. Jean-René Laget, représentant local du « RPR » (mouvement lié au député Franck Allisio), annonce quitter « la liste et l’équipe de Jean-Paul Camerano ». Motif invoqué : des “dérapages racistes et islamophobes” constatés au sein du groupe WhatsApp de campagne — captures d’écran à l’appui.

Les citations révélées parlent d’elles-mêmes : références au « grand remplacement », propos stigmatisants sur une prétendue « racaille arabo-musulmane », insinuations outrancières sur l’avenir politique local. Des messages d’une gravité manifeste, incompatibles avec le débat démocratique et que le candidat n’a jamais publiquement désavoués.

Une “union des droites” qui tourne court

Ironie de l’histoire : quelques semaines plus tôt, Jean-René Laget se félicitait d’une « union des droites tant attendue » autour de Camerano, présentée comme capable de “renverser la table” après l’échec RN de 2020. L’illusion aura fait long feu. Le ralliement du « RPR » se solde par une débandade, rejoignant celle de l’UDR.

L’ombre portée des propos de Jean-René Laget

Le malaise est d’autant plus profond que Jean-René Laget n’est pas un lanceur d’alerte vierge de toute controverse. Il a lui-même comparé les femmes qui avortent à des nazis, une déclaration abjecte, unanimement condamnée, qui banalise le nazisme et insulte les femmes confrontées à des décisions intimes et souvent douloureuses. Cette sortie, revendiquée à l’époque, jette une lumière crue sur l’écosystème idéologique dans lequel la candidature Camerano a prospéré.

Une candidature sans cap, une crédibilité entamée

À Grasse, le constat est limpide : les soutiens se dérobent, les alliances se brisent, et la crédibilité politique s’érode. Les électeurs observent une candidature erratique, incapable de poser des lignes rouges claires, tolérant — par son silence — des propos qui divisent et stigmatisent.

À force de virevolter entre labels et micro-structures, la girouette se grippe. Et pendant que la polémique enfle, la ville, elle, avance. Les Grassois attendent des projets, une vision, un rassemblement, pas des polémiques importées ni des arrière-boutiques numériques.

La rupture avec le « RPR » n’est pas un épiphénomène : elle scelle l’échec d’une stratégie d’alliances opportunistes et met en évidence une faillite politique. À l’heure où la clarté et la responsabilité sont exigées, le silence et l’ambiguïté coûtent cher. Pour Jean-Paul Camerano, l’addition politique commence à tomber.

Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais.
Oscar WILDE
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