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Renforcer la réponse pénale face aux incendies volontaires

août 2, 2026 | by Jean-Claude JUNIN

ABF3

Alexandra Borchio-Fontimp interpelle le garde des Sceaux pour renforcer la réponse pénale face aux incendies volontaires

Alors que le sud de la France fait une nouvelle fois face à un été marqué par des incendies d’une ampleur exceptionnelle, la sénatrice des Alpes-Maritimes Alexandra Borchio-Fontimp souhaite ouvrir un débat de fond sur l’évolution de notre droit pénal. Face à des feux de forêt toujours plus destructeurs, l’élue estime que la réponse judiciaire doit désormais être adaptée à une réalité profondément transformée par le changement climatique et l’urbanisation croissante des territoires.

Dans un courrier officiel adressé au garde des Sceaux, ministre de la Justice, la sénatrice, également administratrice du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) des Alpes-Maritimes, demande au Gouvernement de réfléchir à un renforcement de l’arsenal pénal applicable aux auteurs d’incendies volontaires.

Une actualité marquée par les grands incendies de l’été

Cette initiative intervient quelques jours après le dramatique incendie du Gros Bessillon, dans le Var, où plus de 4 500 hectares sont partis en fumée après huit jours d’une lutte acharnée menée par les sapeurs-pompiers. Des centaines d’habitants ont dû être évacués ou confinés, illustrant une nouvelle fois les conséquences humaines, environnementales et économiques de ces catastrophes.

Pour les Alpes-Maritimes, département voisin particulièrement exposé au risque incendie, cette situation constitue un signal d’alerte supplémentaire. Chaque été, les épisodes de sécheresse, les fortes chaleurs et les vents favorisent des départs de feu qui menacent directement les populations, les habitations et les espaces naturels.

Un droit pénal face à une nouvelle réalité

Si le Code pénal prévoit déjà des sanctions importantes contre les auteurs d’incendies volontaires, Alexandra Borchio-Fontimp considère que le contexte actuel impose une réflexion plus large.

Le changement climatique, la multiplication des épisodes de sécheresse et l’extension des zones urbanisées au contact des massifs forestiers ont profondément modifié les conséquences potentielles d’un incendie volontaire. Un feu qui, autrefois, pouvait essentiellement provoquer des dégâts matériels est aujourd’hui susceptible de mettre en péril des milliers de personnes et de mobiliser des moyens de secours considérables.

Comme le souligne la sénatrice :

« Aujourd’hui, un incendie volontaire ne constitue plus seulement une atteinte aux biens ou à l’environnement. Il met directement en danger des femmes, des hommes, des familles entières, ainsi que les sapeurs-pompiers et l’ensemble des forces mobilisées pour protéger nos concitoyens. »

De nouvelles circonstances aggravantes envisagées

Par cette question écrite adressée au ministre de la Justice, l’élue des Alpes-Maritimes invite le Gouvernement à examiner plusieurs pistes d’évolution de la législation.

Elle propose notamment :

  • la création de nouvelles circonstances aggravantes lorsque des vies humaines sont directement mises en danger ;
  • une qualification pénale spécifique lorsque les services de secours sont exposés à des risques majeurs lors de leurs interventions ;
  • une réflexion globale sur l’adaptation de la politique pénale aux incendies de forêt contemporains.

L’objectif est de prendre pleinement en compte la gravité exceptionnelle que peuvent désormais revêtir certains actes criminels dans un contexte climatique profondément modifié.

Un groupe de travail national proposé

Au-delà de l’évolution des textes, Alexandra Borchio-Fontimp souhaite également la création d’un groupe de travail interministériel réunissant les principaux acteurs concernés.

Celui-ci associerait les représentants de la sécurité civile, l’autorité judiciaire, des universitaires spécialisés en droit pénal ainsi que les élus locaux afin d’évaluer les adaptations nécessaires de notre politique pénale face aux incendies de forêt.

Cette démarche vise à construire une réponse cohérente, prenant en compte à la fois les réalités opérationnelles rencontrées sur le terrain et les évolutions juridiques envisageables.

Soutenir ceux qui protègent les populations

Chaque été, des milliers de sapeurs-pompiers, professionnels et volontaires, ainsi que les forces de sécurité civile, risquent leur vie pour protéger les habitants, sauver des habitations et préserver des espaces naturels souvent irremplaçables.

Pour la sénatrice, il est essentiel que le droit accompagne cette évolution des risques. Elle rappelle que les incendiaires volontaires ne peuvent plus être jugés selon des critères établis il y a plusieurs décennies alors que chaque départ de feu peut désormais devenir une catastrophe humaine majeure.

Faire évoluer la loi pour mieux protéger demain

À travers cette initiative parlementaire, Alexandra Borchio-Fontimp souhaite ouvrir un débat national sur la responsabilité pénale des auteurs d’incendies volontaires et sur l’adaptation de notre système judiciaire face aux défis du XXIᵉ siècle.

Dans un contexte où les incendies deviennent plus fréquents, plus violents et plus difficiles à maîtriser, cette réflexion s’inscrit dans une volonté de renforcer la protection des populations, de soutenir les services de secours et de préserver durablement les territoires.

Parce que la prévention, la responsabilité individuelle et une réponse pénale adaptée constituent des leviers complémentaires, cette démarche pourrait contribuer à mieux protéger nos forêts, nos villages et celles et ceux qui, chaque été, se mobilisent sans relâche pour les défendre.

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