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2 367 avaloirs concernés par une vaste campagne de curage

août 29, 2026 | by Jean-Claude JUNIN

LC3

Le Cannet anticipe les fortes pluies : 2 367 avaloirs concernés par une vaste campagne de curage

Prévenir plutôt que subir : à quelques semaines de l’automne, la Ville du Cannet engage une importante campagne d’entretien de son réseau d’eaux pluviales. Les 2 367 ouvrages recensés sur la commune vont progressivement être nettoyés, avec une priorité donnée aux secteurs les plus exposés aux risques d’inondation. Une intervention peu spectaculaire mais essentielle lorsque surviennent les épisodes méditerranéens.

On les remarque à peine lorsque l’on marche sur un trottoir ou que l’on circule en voiture. Pourtant, les avaloirs constituent l’une des premières lignes de défense d’une ville face aux fortes précipitations.

Au Cannet, ils sont exactement 2 367.

À l’approche de l’automne, période durant laquelle les Alpes-Maritimes peuvent connaître des épisodes pluvieux particulièrement intenses, la municipalité a donc décidé d’anticiper en lançant, dès la dernière semaine du mois d’août, une vaste campagne de curage de l’ensemble de ces ouvrages.

L’objectif est simple : permettre à l’eau de pluie de s’évacuer aussi efficacement que possible lorsqu’elle tombe en grande quantité et limiter ainsi les phénomènes de ruissellement et d’accumulation sur la chaussée.

2 367 ouvrages à inspecter et nettoyer

L’ampleur de l’opération donne une idée du travail à accomplir.

La campagne concernera l’intégralité des 2 367 ouvrages d’eaux pluviales recensés sur le territoire communal.

La Ville a confié cette mission à ALGORA Environnement, son nouveau prestataire.

Les équipes vont procéder au nettoyage complet des dispositifs de collecte et d’évacuation des eaux de pluie. Au fil des mois, feuilles mortes, terre, boues, sédiments, petits déchets et différents matériaux peuvent en effet progressivement s’accumuler dans les avaloirs et leurs branchements.

En période sèche, cette accumulation peut passer presque inaperçue.

Mais lorsque survient une pluie intense, chaque obstacle compte.

Un avaloir partiellement obstrué absorbe moins rapidement l’eau qui ruisselle sur la chaussée. Lorsque plusieurs ouvrages d’un même secteur sont concernés, l’eau peut alors s’accumuler et contribuer à créer des difficultés de circulation, voire accentuer localement les risques d’inondation.

D’où l’importance de nettoyer avant que le ciel ne se charge de le rappeler.

Les secteurs les plus vulnérables traités en premier

Tous les quartiers ne présentent évidemment pas la même exposition aux phénomènes de ruissellement.

La municipalité a donc choisi de commencer les interventions dans les secteurs identifiés comme présentant les risques d’inondation les plus importants.

Une fois ces zones prioritaires traitées, les équipes poursuivront progressivement leur travail sur l’ensemble de la commune, conformément au planning établi.

Cette organisation répond à une logique de prévention : intervenir d’abord là où les conséquences d’un réseau engorgé pourraient être les plus importantes.

Car si l’entretien des avaloirs ne peut évidemment empêcher un phénomène météorologique exceptionnel, il permet d’éviter qu’un problème d’entretien du réseau ne vienne aggraver les conséquences des précipitations.

« Anticiper au maximum les épisodes de fortes pluies »

Pour Mehdi Karaja, chef du service Cadre de Vie, cette campagne constitue un élément à part entière de la politique de prévention menée par la commune.

« L’entretien des réseaux d’eaux pluviales constitue un maillon essentiel de notre politique de prévention. Avec 2 367 ouvrages concernés, cette campagne représente un travail important que nous avons souhaité engager avant la période automnale, en commençant par les secteurs les plus sensibles. »

L’objectif est clairement assumé : ne pas attendre les premières fortes précipitations pour intervenir.

« L’objectif est d’anticiper au maximum les épisodes de fortes pluies et de maintenir la meilleure capacité d’écoulement possible sur l’ensemble de la commune », précise-t-il.

Une stratégie qui pourrait se résumer en trois mots : nettoyer, entretenir, anticiper.

Face aux épisodes méditerranéens, chaque détail compte

Dans les Alpes-Maritimes, la prévention des risques liés aux fortes précipitations revêt une importance particulière.

Lorsque des quantités importantes d’eau tombent dans un laps de temps très court, les réseaux d’évacuation sont fortement sollicités. L’imperméabilisation des sols en milieu urbain accentue encore le phénomène : contrairement à un terrain naturel, routes, trottoirs et parkings absorbent peu l’eau.

Celle-ci ruisselle donc rapidement vers les points bas et les dispositifs d’évacuation.

Dans ces conditions, maintenir les capacités hydrauliques du réseau devient une nécessité.

Un entretien régulier ne constitue naturellement pas une protection absolue contre tous les phénomènes extrêmes. Mais il fait partie des mesures élémentaires permettant de réduire les facteurs aggravants.

Et en matière de prévention des risques, ce sont souvent plusieurs dispositifs complémentaires qui, additionnés les uns aux autres, permettent de mieux protéger la population.

Une meilleure coordination avec la CACPL

La campagne lancée par Le Cannet présente également une particularité organisationnelle intéressante.

ALGORA Environnement intervient aussi pour le compte de la Communauté d’Agglomération Cannes Pays de Lérins (CACPL) sur l’entretien du réseau horizontal d’eaux pluviales.

Le fait qu’un même prestataire intervienne sur les différents éléments du dispositif doit permettre une meilleure coordination entre les ouvrages relevant de la commune et le réseau structurant.

Une cohérence particulièrement importante puisque l’eau ne connaît évidemment pas les frontières administratives ni la répartition des compétences entre collectivités.

Pour être efficace, l’entretien doit donc être pensé comme une chaîne : un avaloir parfaitement nettoyé ne suffit pas si le réseau dans lequel il évacue l’eau rencontre lui-même des difficultés d’écoulement.

Cette coordination entre la Ville et l’intercommunalité doit ainsi contribuer à améliorer la continuité des interventions et la gestion globale des eaux pluviales.

Une opération invisible… jusqu’au jour où elle devient essentielle

Il existe des travaux municipaux immédiatement visibles : une route rénovée, une place réaménagée, un jardin créé ou un nouvel équipement inauguré.

Le curage d’un avaloir appartient à une catégorie beaucoup plus discrète.

Quelques heures après l’intervention, le passant ne remarquera probablement aucune différence.

Et pourtant, c’est précisément lorsque survient un épisode pluvieux intense que ce travail réalisé plusieurs semaines auparavant prend tout son sens.

La prévention consiste justement à intervenir lorsque tout va bien pour être mieux préparé lorsque les conditions se dégradent.

En engageant cette campagne dès la fin août, Le Cannet choisit donc de préparer son réseau avant l’arrivée de la période automnale plutôt que d’attendre les premières difficultés.

La prévention est aussi l’affaire de chacun

L’efficacité des ouvrages d’évacuation dépend également du comportement quotidien de tous.

Un déchet abandonné sur la chaussée peut être entraîné par la pluie jusqu’à une grille. Les feuilles et autres matières s’y ajoutent ensuite et peuvent progressivement réduire la capacité d’évacuation.

Préserver l’espace public, ne rien jeter dans la rue et respecter les dispositifs d’assainissement participent donc, à leur échelle, à la prévention.

Les collectivités entretiennent les réseaux ; chacun peut contribuer à ne pas les encombrer.

Préparer aujourd’hui les pluies de demain

Avec 2 367 avaloirs concernés, la campagne qui commence représente un chantier conséquent et méthodique.

Elle illustre surtout une politique publique dont les résultats sont parfois difficiles à mesurer précisément parce que son objectif consiste à empêcher ou limiter les problèmes avant qu’ils n’arrivent.

Entre traitement prioritaire des secteurs vulnérables, curage généralisé et coordination renforcée avec la CACPL, la Ville du Cannet entend ainsi aborder la période automnale avec un réseau entretenu et disposant de la meilleure capacité d’écoulement possible.

On ne commande évidemment pas à la météo. Mais on peut s’y préparer. Et lorsque les premières fortes pluies arriveront, chacun des 2 367 avaloirs nettoyés constituera une petite pièce d’un dispositif beaucoup plus vaste destiné à protéger les rues, les équipements et surtout les habitants. Une prévention discrète, mais particulièrement utile : au Cannet, l’automne se prépare dès l’été.

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