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178 sièges seront renouvelés au Sénat

septembre 1, 2026 | by Jean-Claude JUNIN

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Sénatoriales 2026 : le 27 septembre, 178 sièges seront renouvelés au Sénat

Moins médiatisées que l’élection présidentielle, les législatives ou les municipales, les élections sénatoriales constituent pourtant un rendez-vous majeur de notre démocratie. Le 27 septembre 2026, 178 sièges de la « série 2 » seront renouvelés. Qui vote ? Comment sont élus les sénateurs ? Pourquoi tous les Français ne se rendent-ils pas aux urnes ? À quelques semaines du scrutin, GrasseMat’ fait le point sur une élection au fonctionnement parfois méconnu.

Le dimanche 27 septembre 2026, la France renouvellera une partie de son Sénat. Ce jour-là, 178 sièges de sénateurs seront à pourvoir dans le cadre du renouvellement de la série 2.

Une élection particulière puisqu’à la différence des députés, du président de la République, des maires ou des conseillers municipaux, les sénateurs ne sont pas directement élus par l’ensemble des citoyens.

Ils le sont au suffrage universel indirect par ce que l’on appelle communément les « grands électeurs ».

Et derrière ce mécanisme institutionnel parfois perçu comme complexe se joue pourtant une partie importante de l’équilibre politique national.

Pourquoi seulement 178 sénateurs ?

Le Sénat compte 348 membres. Depuis la réforme engagée en 2003, il n’est plus renouvelé par tiers mais par moitié tous les trois ans. Chaque sénateur exerce un mandat de six ans.

Les anciennes séries A, B et C ont par ailleurs été remplacées par deux ensembles : les séries 1 et 2.

La série 1 a été renouvelée en 2023. C’est donc au tour de la série 2 de passer devant les grands électeurs en septembre 2026.

Cette année, le scrutin concerne dans l’Hexagone les départements numérotés de l’Ain (01) à l’Indre (36), ainsi que ceux allant du Bas-Rhin (67) au Territoire de Belfort (90), à l’exception de Paris, de la Seine-et-Marne et des Yvelines.

S’y ajoutent la Guyane, la Polynésie française, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Wallis-et-Futuna, ainsi que six sièges représentant les Français établis hors de France.

Et parmi les départements concernés figurent donc les Alpes-Maritimes.

Mais qui vote aux élections sénatoriales ?

C’est probablement la première question que se posent de nombreux citoyens : pourquoi n’ai-je jamais reçu de carte électorale ou de convocation pour élire directement mon sénateur ?

Tout simplement parce qu’il s’agit d’un suffrage universel indirect.

Pour le scrutin du 27 septembre, les sénateurs seront élus par un collège d’environ 93 469 grands électeurs, dont 88 937 délégués des conseils municipaux.

Ce collège électoral est composé des députés et sénateurs élus dans le département, des conseillers départementaux, de certains conseillers métropolitains, des conseillers régionaux et, surtout, des délégués des conseils municipaux ou de leurs suppléants. Ces derniers ont été désignés le 5 juin 2026.

Ce poids considérable des représentants des communes n’est évidemment pas anodin.

Il correspond à l’une des grandes missions constitutionnelles du Sénat : assurer la représentation des collectivités territoriales de la République.

Pour les grands électeurs, voter est obligatoire

Autre particularité assez méconnue : lorsqu’on est grand électeur sénatorial, on ne peut pas simplement décider de rester chez soi le dimanche du scrutin.

Le vote est obligatoire.

La non-participation non justifiée d’un grand électeur ou d’un délégué suppléant est passible d’une amende de 100 euros.

Une disposition qui souligne l’importance institutionnelle donnée à cette élection.

Comment les sénateurs sont-ils élus ?

Tout dépend du nombre de sièges attribués à la circonscription.

Dans celles où un ou deux sénateurs doivent être élus, l’élection se déroule au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

En revanche, dès lors que la circonscription désigne trois sénateurs ou davantage, c’est le scrutin de liste à la représentation proportionnelle qui s’applique.

Dans les Alpes-Maritimes, où plusieurs sièges sont à pourvoir, c’est donc la représentation proportionnelle qui s’applique.

Les sièges sont répartis entre les listes selon les résultats obtenus, avec la méthode de la plus forte moyenne.

Ce système permet généralement à plusieurs sensibilités politiques d’obtenir une représentation au Palais du Luxembourg.

Qui peut devenir sénateur ?

Il faut notamment avoir au moins 24 ans le jour de l’élection, posséder la nationalité française, jouir de ses droits civiques et ne pas se trouver dans une situation d’incapacité ou d’inéligibilité prévue par la loi.

La législation encadre également strictement les incompatibilités et le cumul des mandats.

Depuis 2017, un sénateur ne peut notamment plus cumuler son mandat parlementaire avec une fonction exécutive locale telle que celle de maire ou de président d’un conseil régional. Il peut en revanche rester conseiller municipal, départemental ou régional.

Une campagne électorale très particulière

Voilà encore une singularité des sénatoriales : il n’existe pas de campagne électorale officielle comparable à celles que connaissent les Français lors des élections présidentielles ou législatives.

Les candidats doivent néanmoins respecter les règles relatives à la propagande et au financement électoral. Ils doivent notamment désigner un mandataire financier et déposer un compte de campagne auprès de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.

Dans les faits, la campagne sénatoriale se déroule beaucoup sur le terrain, au contact des élus locaux et des grands électeurs.

Réunions, rencontres avec les maires et conseillers municipaux, déplacements dans les communes et échanges sur les problématiques territoriales prennent alors une importance considérable.

Les candidatures seront déposées du 7 au 11 septembre

Le calendrier va désormais rapidement s’accélérer.

Les candidatures pourront être officiellement déposées à partir du lundi 7 septembre et jusqu’au vendredi 11 septembre 2026 à 18 heures.

Pour les scrutins proportionnels, les listes doivent respecter la parité avec une alternance entre femmes et hommes.

La liste officielle des candidats et de leurs éventuels remplaçants devra être arrêtée et publiée au plus tard le 18 septembre.

Nous connaîtrons alors définitivement les forces en présence pour le scrutin du 27 septembre.

Et le 27 septembre, comment cela se passe-t-il ?

Le scrutin se déroule dans le chef-lieu du département ou de la collectivité.

Dans les départements soumis au scrutin majoritaire, un candidat doit réunir au premier tour la majorité absolue des suffrages ainsi qu’un nombre de voix au moins égal au quart des électeurs inscrits. Si ces conditions ne sont pas réunies, un second tour est organisé le même jour, la majorité relative étant alors suffisante.

Dans les départements soumis à la proportionnelle, les sièges sont répartis entre les différentes listes selon la règle de la plus forte moyenne.

Pourquoi cette élection est-elle importante ?

Parce que le Sénat ne constitue pas simplement une seconde assemblée venant reproduire le travail de l’Assemblée nationale.

Les sénateurs examinent et votent les lois, contrôlent l’action du Gouvernement, participent aux travaux parlementaires et représentent les collectivités territoriales.

Le mode d’élection du Sénat explique d’ailleurs pourquoi sa composition politique peut différer sensiblement de celle de l’Assemblée nationale : les rapports de force qui s’y expriment sont fortement liés aux résultats des élections municipales, départementales et régionales.

Les sénatoriales constituent ainsi, indirectement, une photographie politique de la France des territoires.

Les Alpes-Maritimes particulièrement observées

Dans notre département, le scrutin sera naturellement suivi avec attention.

À mesure que les listes se constituent et que les candidats se déclarent, les sénatoriales vont entrer dans leur phase véritablement politique. Les grands électeurs devront départager les différentes équipes en présence et déterminer qui représentera les Alpes-Maritimes au Sénat pour les six prochaines années.

Rendez-vous le 27 septembre

Une fois les résultats proclamés, les nouveaux élus n’auront que quelques jours avant de prendre leurs fonctions.

Le 1er octobre 2026 à 15 heures, le Sénat ouvrira sa session ordinaire 2026-2027 avec l’installation du bureau d’âge. L’assemblée procédera ensuite à l’élection de son président puis au renouvellement de ses différentes instances.

D’ici là, septembre sera donc un mois particulièrement politique.

Dépôt des candidatures à partir du 7 septembre, clôture le 11, publication de la liste officielle au plus tard le 18, scrutin le 27 septembre puis entrée en fonction des élus le 1er octobre : en quelques semaines, une moitié du Sénat français aura renouvelé ses représentants.

Et si les citoyens ne glisseront pas directement leur bulletin dans l’urne le 27 septembre, cette élection rappelle combien la démocratie locale et la démocratie nationale sont intimement liées. Derrière chaque grand électeur se trouvent nos communes, nos départements et nos territoires. Une raison supplémentaire de suivre attentivement ce scrutin et celles et ceux qui ambitionnent de porter leur voix au Palais du Luxembourg.

GrasseMat’ suivra naturellement cette campagne sénatoriale dans les Alpes-Maritimes jusqu’au verdict des urnes.

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