open
close

Grasse redevient la capitale mondiale de la science des huiles essentielles

septembre 1, 2026 | by Jean-Claude JUNIN

alambic-huiles-essentielles-112415

ISEO 2026 : Grasse redevient la capitale mondiale de la science des huiles essentielles

Après Grasse en 1994 et 2006, puis Nice en 2016, le prestigieux International Symposium on Essential Oils revient dans la capitale mondiale du parfum. Du 6 au 9 septembre 2026, près de 300 scientifiques, chercheurs, universitaires, industriels et experts venus du monde entier se retrouveront à l’Espace Chiris. Vingt ans après sa dernière édition grassoise, l’ISEO renoue ainsi avec une ville dont l’histoire, l’économie et le savoir-faire sont intimement liés aux matières premières naturelles et à la parfumerie.

Il est des congrès qui semblent trouver naturellement leur place. Accueillir à Grasse un symposium international consacré aux huiles essentielles en fait incontestablement partie.

Du 6 au 9 septembre 2026, la ville accueillera la 56e édition de l’International Symposium on Essential Oils – ISEO, l’un des grands rendez-vous scientifiques internationaux consacrés aux huiles essentielles et aux substances naturelles volatiles. Près de 300 professionnels sont attendus, chercheurs, universitaires, scientifiques de l’industrie et spécialistes de la réglementation venus de nombreux pays.

L’événement est organisé par l’association grassoise Olf’Active, sous l’égide du comité d’organisation conduit par les docteurs Nicolas Baldovini et Esméralda Cicchetti.

Et pour Grasse, ces quatre journées auront un parfum particulier : l’ISEO revient dans la cité des parfums exactement vingt ans après sa précédente édition grassoise de 2006.

Une histoire déjà ancienne entre l’ISEO et Grasse

Créé en 1969, l’ISEO rassemble depuis plus d’un demi-siècle la communauté scientifique internationale travaillant sur les huiles essentielles et les substances naturelles volatiles.

La France, et plus particulièrement les Alpes-Maritimes, entretient une relation privilégiée avec ce symposium.

Grasse l’avait accueilli en 1994, puis en 2006. Nice avait pris le relais en 2016. Dix ans après cette dernière édition française, l’ISEO revient donc dans l’Hexagone et, surtout, vingt ans après, retrouve Grasse.

Un retour qui prend une dimension symbolique lorsque l’on mesure le chemin parcouru.

En 1994, Grasse était déjà l’un des grands centres mondiaux de la parfumerie et des matières premières aromatiques. Mais trente-deux ans plus tard, la ville peut également mettre en avant la reconnaissance, en 2018, par l’UNESCO des savoir-faire liés au parfum en Pays de Grasse au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité.

Près de 300 spécialistes venus du monde entier

Pendant quatre jours, Grasse parlera donc toutes les langues de la science.

Le programme scientifique couvre un spectre particulièrement large : chimie analytique, authentification des matières premières naturelles, biotechnologies, biodiversité, qualité des Esméralda Cicchetti, toxicologie, activités biologiques, applications et réglementation.

L’une des forces de l’ISEO réside précisément dans cette rencontre entre deux univers qui ont parfois tendance à être présentés séparément : la recherche académique et la recherche industrielle.

Parmi les institutions et entreprises représentées figurent notamment Givaudan, DSM-Firmenich, Takasago et L’Oréal, aux côtés de nombreuses universités et centres de recherche internationaux ainsi que de représentants de la Commission européenne.

Le programme révèle l’ampleur géographique de cette rencontre : France, Italie, Allemagne, Suisse, Belgique, Autriche, Pologne, Roumanie, Hongrie, République tchèque, Royaume-Uni, Canada, États-Unis, Brésil, Colombie, Afrique du Sud, Inde, Turquie, Chine ou encore Japon…

Pendant quelques jours, Grasse devient véritablement un laboratoire mondial des huiles essentielles.

L’Espace Chiris, un lieu qui ne doit rien au hasard

Le choix du lieu est probablement l’un des plus beaux symboles de cette édition.

Les conférences se dérouleront à l’Espace Chiris, dans l’ancienne « halle aux hydrocarbures » de la grande usine historique Chiris.

Construite en 1899 et surnommée « La Mosquée », cette architecture remarquable fut pionnière dans l’extraction industrielle des matières premières de parfumerie utilisant des solvants. Restauré, le bâtiment devient aujourd’hui le lieu de rencontre entre patrimoine industriel et recherche scientifique contemporaine.

Difficile d’imaginer décor plus approprié.

Là où, il y a plus d’un siècle, on expérimentait de nouvelles méthodes permettant d’extraire les molécules odorantes des plantes, des chercheurs venus du monde entier présenteront en 2026 les techniques et découvertes susceptibles de transformer les prochaines décennies.

L’histoire de la parfumerie grassoise accueillera littéralement la science du XXIe siècle.

Jean-Claude Ellena pour ouvrir le symposium

La cérémonie officielle d’ouverture se tiendra dimanche 6 septembre à partir de 16h30.

Elle sera notamment marquée par les interventions des organisateurs Nicolas Baldovini et Esméralda Cicchetti, du président du comité scientifique permanent de l’ISEO Luigi Mondello et de Jérôme Viaud, maire de Grasse et président de la Communauté d’Agglomération du Pays de Grasse.

Une présentation sera également consacrée à l’épopée de la maison Chiris.

Et une personnalité emblématique de la parfumerie contemporaine sera au rendez-vous : Jean-Claude Ellena.

Le parfumeur interviendra sur les liens entre jardins, botanique et création olfactive, avant un accueil musical aux couleurs de la Provence.

Une belle manière de rappeler que derrière les molécules, les chromatographes et les analyses demeure toujours une matière première essentielle : la plante.

Deux grands scientifiques distingués à Grasse

La cérémonie d’ouverture sera également marquée par la remise de l’ISEO Medal of Honour 2026.

Deux scientifiques seront distingués : la professeure Elena Stashenko, de l’Universidad Industrial de Santander en Colombie, et le docteur Daniel Joulain, scientifique français qui a notamment exercé durant de nombreuses années dans l’industrie grassoise.

Créée en 2019 pour le cinquantième anniversaire de l’ISEO, cette médaille récompense des chercheurs ayant contribué de manière significative et innovante au développement des connaissances sur les huiles essentielles.

Là encore, la dimension internationale du congrès rencontre directement l’histoire scientifique et industrielle de Grasse.

De l’Amazonie aux lavandes de notre territoire

Le programme permet de mesurer l’extraordinaire diversité des recherches conduites aujourd’hui autour des substances naturelles.

Il sera notamment question de nouvelles méthodes d’analyse des constituants aromatiques, de durabilité de la production de l’agarwood et de l’encens, d’authentification des ingrédients naturels utilisés dans les cosmétiques et parfums, ou encore d’une base de données consacrée aux huiles, extraits et arômes de l’Amazonie.

Mais notre territoire sera également directement présent dans les recherches présentées.

Une jeune chercheuse de l’Université Côte d’Azur, Albane Noel, interviendra notamment sur l’analyse quantitative des composés organiques volatils émis dans les champs avec une application au lavandin.

Ainsi, des laboratoires internationaux aux champs de plantes à parfum, la chaîne scientifique se retrouve réunie à Grasse.

Les huiles essentielles face aux enjeux européens

L’ISEO ne regardera pas uniquement vers la recherche fondamentale.

Le 8 septembre, une importante session réunissant l’European Federation of Essential Oils (EFEO) et l’International Federation of Essential Oils & Aroma Trades (IFEAT) sera consacrée aux enjeux scientifiques et réglementaires liés à l’évaluation de la sécurité des huiles essentielles dans le cadre européen.

Parmi les intervenants figurera Sylvain Bintein, spécialiste REACH et CLP à la Direction générale de l’Environnement de la Commission européenne.

Les discussions porteront notamment sur l’évolution de la réglementation européenne CLP – Classification, Labelling and Packaging et sur une question essentielle pour la filière : comment traiter réglementairement des substances naturelles complexes comme les huiles essentielles ?

Un sujet évidemment stratégique pour un territoire où les matières premières naturelles, les arômes et la parfumerie représentent tout à la fois une histoire, un savoir-faire et une activité économique.

Préparer aussi la prochaine génération

Le symposium ne se contente pas de réunir les spécialistes déjà reconnus de leur discipline.

Une attention particulière est portée aux jeunes chercheurs.

Grâce notamment au soutien de l’IFEAT, 32 scientifiques de moins de 35 ans bénéficient d’un soutien financier leur permettant de participer au symposium. Une session spécifique leur donnera également la possibilité de présenter leurs recherches devant la communauté scientifique internationale.

Un choix particulièrement pertinent : un congrès scientifique n’a de sens que s’il permet aussi la transmission des connaissances, la confrontation des idées et l’émergence de nouvelles générations de chercheurs.

Et Grasse elle-même comme objet de découverte

Les congressistes ne repartiront pas sans avoir découvert la ville qui les accueille.

Après la clôture scientifique du mercredi 9 septembre, un programme permettra aux participants de visiter le Musée International de la Parfumerie et de parcourir le centre historique de Grasse avec la Maison du Patrimoine, sur les traces notamment des anciennes parfumeries cachées dans le tissu urbain.

Une façon intelligente de montrer que la science présentée durant ces journées ne surgit pas de nulle part.

À Grasse, elle s’inscrit dans plusieurs siècles d’expérience des plantes, des odeurs, des procédés d’extraction et de la création parfumée.

1994 – 2006 – 2026 : Grasse et l’ISEO, une histoire qui continue

Il y a quelque chose de particulièrement réjouissant à regarder aujourd’hui les archives de l’ISEO 1994 et à constater que, trente-deux ans plus tard, Grasse demeure capable d’attirer la communauté scientifique internationale.

Les instruments ont changé. Les techniques d’analyse ont considérablement progressé. La biotechnologie, la toxicologie, les nouvelles méthodes chromatographiques, les questions environnementales et la réglementation européenne occupent désormais une place majeure.

Mais l’essentiel demeure : comprendre la nature pour mieux valoriser ses extraordinaires ressources aromatiques.

Et c’est précisément ce qui donne tout son sens au retour de l’ISEO dans la capitale mondiale du parfum.

Comme le résument Nicolas Baldovini et Esméralda Cicchetti, accueillir ce symposium à Grasse permet de réunir « deux dimensions qui sont indissociables » : l’histoire exceptionnelle du territoire autour des matières premières naturelles et la recherche scientifique permettant de mieux les comprendre, de les authentifier et d’en imaginer les applications futures.

Vingt ans après 2006, Grasse retrouve donc l’ISEO. Et au-delà du symbole, recevoir près de 300 spécialistes venus du monde entier rappelle une évidence : la capitale mondiale du parfum n’est pas seulement dépositaire d’un patrimoine exceptionnel. Elle demeure un territoire vivant, capable de faire dialoguer son histoire avec la recherche, l’innovation et les défis de demain.

Du 6 au 9 septembre, le parfum de Grasse aura plus que jamais celui de la science, du partage et de l’avenir.

#Grasse #ISEO2026 #HuilesEssentielles #Parfumerie #Science #Recherche #Innovation #Olfaction #PlantesAParfum #EspaceChiris #Patrimoine #UNESCO #PaysDeGrasse #CotedAzur #GrasseMat

RELATED POSTS

View all

view all

Ad augusta per angusta

X