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Moins de morts sur les routes en 2026, mais…

septembre 16, 2026 | by Jean-Claude JUNIN

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Alpes-Maritimes : moins de morts sur les routes en 2026, mais l’alerte reste maximale pour les deux-roues motorisés

Le bilan provisoire de l’accidentalité routière pour août 2026 livre une photographie contrastée dans les Alpes-Maritimes. Le mois a été plus meurtrier qu’en août 2025, avec trois décès contre deux, mais la tendance depuis le début de l’année reste nettement orientée à la baisse : 24 personnes ont perdu la vie sur les routes du département entre janvier et août, contre 33 sur la même période l’an dernier. Derrière cette amélioration globale apparaît toutefois un signal particulièrement préoccupant : les deux-roues motorisés représentent désormais plus de la moitié des personnes tuées en 2026.

Les chiffres de la sécurité routière doivent toujours être lus avec prudence. Derrière chaque unité d’un tableau statistique se trouve une personne, une famille et parfois une vie définitivement bouleversée. Le bilan publié le 16 septembre par la préfecture des Alpes-Maritimes et établi à partir des données provisoires de l’Observatoire départemental de la sécurité routière (ODSR) rappelle cette réalité : trois personnes ont perdu la vie sur les routes maralpines en août 2026. Elles étaient deux en août 2025.

Août 2026 : 65 accidents, trois morts et 39 blessés graves

Au total, 65 accidents ont été enregistrés au cours du mois d’août, contre 64 un an auparavant, soit une progression de 1,56 %. Trois personnes ont été tuées, contre deux en août 2025, tandis que le nombre de blessés graves recule légèrement, passant de 40 à 39, soit une baisse de 2,5 %. La préfecture insiste sur le caractère encore non consolidé de ces données, établies à partir des informations transmises par les forces de sécurité intérieure.

Comparer les pourcentages sur un seul mois peut par ailleurs donner une impression trompeuse : le passage de deux à trois décès correspond mathématiquement à une hausse de 50 %, mais porte sur de très petits effectifs. Pour mesurer une tendance, le cumul depuis janvier est donc beaucoup plus instructif.

Depuis janvier, neuf vies perdues de moins qu’en 2025

Et sur ce point, le constat est sensiblement plus encourageant. Entre le 1er janvier et le 31 août 2026, 24 personnes sont décédées sur les routes des Alpes-Maritimes, contre 33 pendant les huit premiers mois de 2025. Cela représente neuf décès de moins, soit une diminution d’environ 27 %.

Cette évolution intervient après une année 2025 qui avait elle-même enregistré un recul de la mortalité : le bilan consolidé fait état de 51 personnes tuées en 2025 contre 55 en 2024. En revanche, le nombre de blessés graves était passé de 328 à 371.

Il est encore trop tôt pour extrapoler les chiffres des huit premiers mois à l’ensemble de 2026. L’automne et la fin de l’année peuvent modifier sensiblement le bilan. Mais la diminution de neuf décès constitue à ce stade un indicateur favorable qu’il faut chercher à consolider.

Le chiffre noir : 54 % des personnes tuées circulaient en deux-roues motorisé

C’est le point le plus préoccupant du bilan.

Sur les 24 personnes décédées depuis janvier, 13 étaient des usagers de deux-roues motorisés, soit 54,17 % de l’ensemble des tués. À la même période en 2025, neuf décès concernaient cette catégorie, qui représentait alors 27,27 % de la mortalité routière.

Autrement dit, alors que la mortalité routière globale diminue dans les Alpes-Maritimes, celle des usagers de deux-roues motorisés augmente : 13 décès contre neuf, soit quatre vies perdues supplémentaires.

Le seul mois d’août est encore plus révélateur : les trois personnes décédées étaient toutes des usagers de deux-roues motorisés. Aucun automobiliste, cycliste, piéton ou utilisateur d’engin de déplacement personnel motorisé n’a été tué durant le mois.

Cette surreprésentation n’est pas nouvelle dans le département. La préfecture fait des deux-roues motorisés l’un des axes prioritaires de son Plan départemental d’actions de sécurité routière 2026. Elle rappelle que 15 accidents mortels impliquant cette catégorie avaient déjà été recensés en 2025.

Piétons, automobilistes et cyclistes : une mortalité en recul

Le bilan cumulé révèle parallèlement des évolutions plus favorables pour les autres catégories d’usagers.

Depuis janvier, cinq piétons ont été tués, contre neuf sur la même période de 2025. Chez les automobilistes, quatre décès sont recensés contre sept l’année précédente. Enfin, deux cyclistes ont perdu la vie contre cinq en 2025.

La diminution globale de la mortalité départementale repose donc largement sur le recul observé parmi ces catégories, tandis que la trajectoire des deux-roues évolue dans le sens inverse.

C’est précisément ce contraste qui constitue l’enseignement majeur de ce bilan d’août.

En août, les trois victimes avaient entre 25 et 64 ans

La deuxième page du bilan préfectoral permet d’affiner encore la photographie du mois. Les trois personnes tuées appartenaient toutes à la tranche d’âge des 25-64 ans. Aucun décès n’est recensé chez les moins de 18 ans, les 18-24 ans ou les 65 ans et plus. En août 2025, une victime appartenait aux 25-64 ans et une autre aux 65 ans et plus.

La localisation des accidents mortels montre également que deux décès se sont produits en agglomération et un hors agglomération. Aucun n’a été enregistré sur autoroute.

Quant à leur répartition dans la semaine, deux décès ont eu lieu un vendredi et un le mercredi. Aucun décès n’est recensé les lundi, mardi, jeudi, samedi et dimanche au cours du mois.

Ces répartitions mensuelles restent toutefois trop réduites pour en déduire à elles seules des profils de risque généraux.

Trois accidents mortels concentrés entre midi et 20 heures

Même prudence concernant les horaires. Les trois décès d’août 2026 ont été enregistrés dans la tranche 12 h – 20 h. Aucun décès n’a été recensé entre 6 h et midi ni entre 20 h et 6 h.

Le résultat mérite d’être signalé mais ne permet pas de conclure que cette tranche horaire serait, d’une manière générale, la plus dangereuse dans les Alpes-Maritimes. Pour l’affirmer, il faudrait travailler sur une période beaucoup plus longue et rapporter l’accidentalité au volume de circulation.

314 suspensions administratives de permis en un mois

Le communiqué préfectoral apporte également un indicateur sur le volet répressif. Entre le 1er et le 31 août 2026, 314 arrêtés de suspension de permis de conduire ont été pris par le préfet des Alpes-Maritimes, contre 390 en août 2025. Cela représente une diminution d’environ 19,5 %.

Cette baisse ne signifie pas nécessairement une diminution équivalente des comportements dangereux : le nombre de suspensions dépend notamment des infractions constatées et de l’activité de contrôle. Il convient donc de ne pas confondre cet indicateur administratif avec une mesure directe de l’évolution des conduites à risque.

Depuis le 1er août 2025, la préfecture applique par ailleurs un barème de suspension présenté comme plus ferme, notamment pour les titulaires de permis probatoires.

Les motards au centre des actions de prévention

Les statistiques 2026 expliquent pourquoi une part importante des actions de prévention est désormais tournée vers les motocyclistes.

La préfecture organise notamment les journées « Courbes et Trajectoires », consacrées à la maîtrise de la moto, à la trajectoire de sécurité et à la conduite sur route ouverte encadrée par la gendarmerie. Toutes les sessions programmées pour 2026 affichent complet, dont celle prévue le 3 octobre à Nice.

Une Journée régionale de sécurité routière dédiée aux deux-roues motorisés est également programmée le 7 octobre au circuit du Luc. Près de 150 motocyclistes de Provence-Alpes-Côte d’Azur sont attendus autour d’ateliers consacrés notamment à la maniabilité, au freinage d’urgence, au gilet airbag, aux gestes qui sauvent et à la trajectoire de sécurité.

Enfin, le communiqué annonce une nouvelle action de sensibilisation le 15 octobre, à l’occasion du Salon des maires.

Une amélioration réelle, mais encore fragile

Le bilan des huit premiers mois de 2026 ne se résume donc ni à une bonne ni à une mauvaise nouvelle.

24 morts au lieu de 33, c’est une diminution importante et neuf vies épargnées par rapport à la même période de l’année précédente. Mais 13 motards ou utilisateurs de deux-roues motorisés tués, soit plus d’une victime sur deux, rappellent combien les progrès restent fragiles.

Les routes des Alpes-Maritimes présentent en outre des caractéristiques particulières : littoral fortement urbanisé, circulation dense, routes sinueuses du moyen et du haut pays, coexistence de nombreux modes de déplacement. Le Plan départemental d’actions de sécurité routière 2026 identifie précisément les deux-roues motorisés, les usagers vulnérables et les jeunes parmi ses publics prioritaires.

La baisse enregistrée depuis janvier doit donc être considérée moins comme un résultat acquis que comme une dynamique à préserver.

Car la sécurité routière repose autant sur les contrôles et les infrastructures que sur une multitude de décisions individuelles : vitesse adaptée, distances de sécurité, attention aux intersections, sobriété, équipements, partage de la chaussée et vigilance envers les usagers les plus vulnérables.

La bonne nouvelle existe : neuf personnes de moins ont perdu la vie sur les routes maralpines au cours des huit premiers mois de 2026. L’objectif est désormais de transformer cette amélioration provisoire en tendance durable. Et face à la vulnérabilité persistante des deux-roues, prévention, formation et responsabilité de chacun restent les meilleurs moyens pour que chaque trajet se termine simplement comme il devrait toujours se terminer : en arrivant à destination.

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