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à Saint-Cézaire, Christian Zedet brise le silence pour aider à mieux détecter et protéger

septembre 18, 2026 | by Jean-Claude JUNIN

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Violences sexuelles sur mineurs : à Saint-Cézaire, Christian Zedet brise le silence pour aider à mieux détecter et protéger

« Je prends la parole sur ce sujet parce que j’ai personnellement été victime de viols. » En quelques mots, Christian Zedet donne une dimension profondément personnelle à deux soirées de sensibilisation organisées à Saint-Cézaire-sur-Siagne. Le maire témoignera autour de la détection des violences sexuelles sur mineurs les 22 septembre et 6 octobre 2026, à 18 h 30, à l’Espace Terre de Siagne. Au-delà de son propre parcours, son message est tourné vers la prévention : apprendre à repérer les signes, écouter la parole d’un enfant et savoir comment agir. Un sujet difficile, mais dont il estime qu’il faut parler, parce que le silence peut laisser un enfant seul face à la violence.

Il y a des prises de parole qui ne ressemblent pas aux autres.

Lorsqu’un maire parle de travaux, de budget, d’école ou de voirie, il s’exprime en tant qu’élu. Lorsqu’il décide de révéler publiquement avoir lui-même subi des violences sexuelles, la parole change de nature.

Mais cette fois, ce n’est pas seulement l’élu qui s’adresse aux habitants.

Christian Zedet a choisi des mots directs :

« Je prends la parole sur ce sujet parce que j’ai personnellement été victime de viols. »

Ce témoignage, qu’il rend lui-même public, éclaire son engagement dans ces deux soirées d’information.

Il poursuit :

« J’aurais aimé que quelqu’un détecte ce qui m’arrivait suffisamment tôt. J’aurais aimé qu’une personne sache voir les signes, comprendre ma souffrance et intervenir, afin que cela s’arrête et que je puisse commencer plus tôt à me reconstruire. »

Il ne s’agit donc pas, dans son esprit, de raconter son histoire pour elle-même. Son expérience devient le point de départ d’un message adressé aux adultes d’aujourd’hui : apprendre à voir ce qu’un enfant ne parvient pas toujours à dire.

Deux rendez-vous à Saint-Cézaire

Deux soirées de sensibilisation sont annoncées à l’Espace Terre de Siagne – salle Chêne, 98 chemin Alain-Martin à Saint-Cézaire-sur-Siagne :

mardi 22 septembre 2026 à 18 h 30, puis mardi 6 octobre 2026 à 18 h 30.

L’objectif est de donner, en deux heures, des repères permettant de mieux identifier une situation préoccupante et de comprendre comment réagir.

Christian Zedet résume l’enjeu ainsi :

« Savoir repérer les signes, comprendre, prévenir et agir peut permettre de protéger un enfant et parfois d’empêcher que les violences se poursuivent. »

160 000 enfants victimes chaque année : le chiffre vertigineux de la CIIVISE

L’expérience individuelle racontée par Christian Zedet rejoint malheureusement une réalité nationale d’une ampleur considérable.

Dans son dernier bilan, publié le 15 juin 2026, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) rappelle son estimation de 160 000 enfants victimes chaque année d’inceste ou de violences sexuelles en France, soit un enfant victime d’un viol ou d’une agression sexuelle toutes les trois minutes.

Ce chiffre permet de mesurer pourquoi la prévention ne peut être réservée aux seuls professionnels.

Parents, grands-parents, enseignants, éducateurs, entraîneurs sportifs, animateurs, responsables associatifs, proches et voisins peuvent tous, un jour, se retrouver face à un enfant dont le comportement change ou qui tente, parfois maladroitement, de faire comprendre que quelque chose ne va pas.

Et c’est précisément là que la capacité à reconnaître certains signaux peut devenir déterminante.

Repérer ne signifie pas chercher « le » signe qui prouve tout

Un point doit cependant être clairement expliqué : il n’existe pas nécessairement un signe unique permettant de conclure qu’un enfant subit des violences sexuelles.

La Haute Autorité de santé insiste sur cette difficulté. Les manifestations peuvent être nombreuses, très différentes d’un enfant à l’autre et d’intensité variable. Un changement de comportement inexpliqué peut alerter, tout comme des troubles du sommeil ou de l’alimentation, des difficultés scolaires ou certains symptômes physiques répétés sans explication médicale.

Un enfant peut devenir craintif, se replier, éviter le regard, présenter des cauchemars ou, au contraire, manifester une agressivité inhabituelle. La HAS cite également les fugues, conduites à risque, chute brutale des résultats scolaires ou plaintes somatiques récurrentes parmi les éléments qui peuvent conduire à s’interroger.

Mais ces comportements peuvent avoir de nombreuses autres causes.

Les repérer ne consiste donc pas à établir soi-même un diagnostic ou à désigner un coupable. Il s’agit d’être suffisamment attentif pour ne pas ignorer une situation qui mérite d’être entendue et, lorsque cela est nécessaire, transmise à des professionnels compétents.

Le silence, l’un des principaux obstacles

Christian Zedet insiste justement sur cette solitude de l’enfant victime :

« Lorsqu’un enfant est touché dans sa chair, sa vie peut basculer. Il ne grandit plus comme les autres. Tant qu’il reste seul avec ce qu’il vit, tant qu’il ne peut pas libérer sa parole, il peut simplement essayer de survivre. »

La Haute Autorité de santé souligne que les violences sexuelles intrafamiliales peuvent avoir des conséquences à court et à long terme sur la santé physique, le développement psychologique et le bien-être psychosocial. Le contexte familial peut encore accroître leur retentissement, notamment en raison du poids du secret.

C’est aussi pourquoi la parole d’un enfant doit être accueillie avec précaution.

Les recommandations de la HAS préconisent de permettre au mineur de s’exprimer spontanément, sans l’interrompre ni guider ses réponses.

Cette distinction est essentielle : écouter n’est pas enquêter.

L’enquête appartient aux services compétents. L’adulte qui reçoit une confidence doit avant tout entendre, protéger et chercher de l’aide.

« J’aurais aimé que quelqu’un détecte ce qui m’arrivait »

Cette phrase de Christian Zedet prend alors tout son sens.

Elle rappelle une évidence douloureuse : l’enfant victime ne possède pas nécessairement les mots, les références ou même la compréhension nécessaires pour expliquer ce qu’il subit.

Il peut également avoir peur de ne pas être cru, craindre les conséquences de sa révélation ou être sous l’emprise de l’auteur.

C’est pourquoi la formation des adultes qui entourent les enfants est devenue l’un des axes majeurs de la lutte contre les violences sexuelles.

La HAS estime elle aussi que le repérage précoce est déterminant pour permettre la protection de l’enfant.

La CIIVISE place pour sa part la prévention, le repérage et la protection au cœur de ses recommandations nationales. Son bilan de juin 2026 souligne cependant que beaucoup reste à accomplir : sur les 17 mesures qu’elle avait identifiées comme prioritaires en février 2025, trois seulement étaient alors considérées comme pleinement effectives.

Des violences qui peuvent concerner tous les milieux

Christian Zedet adresse également un avertissement très clair :

« Car les violences sexuelles peuvent toucher n’importe quelle famille. »

Là encore, les recommandations sanitaires invitent à se défaire des représentations toutes faites. La Haute Autorité de santé rappelle que la maltraitance infantile concerne toutes les classes sociales et des enfants de tous âges.

Chercher uniquement certaines catégories de familles ou certains profils supposés d’agresseurs peut donc conduire à ne pas voir des situations qui se déroulent ailleurs.

La prévention commence aussi par l’abandon de cette idée rassurante selon laquelle « cela n’arrive qu’aux autres ».

Que faire lorsqu’on est inquiet pour un enfant ?

Les soirées de Saint-Cézaire doivent justement permettre d’aborder la conduite à tenir.

En France, lorsqu’un adulte pense qu’un enfant est en danger ou risque de l’être, il peut contacter le 119 – Allô enfance en danger. Le service est national, gratuit et accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En cas de danger grave et immédiat, les services d’urgence — police ou gendarmerie au 17, ou 112 — doivent être contactés.

Les professionnels disposent par ailleurs de procédures de transmission d’informations préoccupantes et, selon les situations, de signalement à l’autorité judiciaire.

L’essentiel est de ne pas rester seul avec un doute sérieux.

Une parole publique qui peut en libérer d’autres

Le choix de Christian Zedet de parler de sa propre histoire possède nécessairement une portée particulière.

Parce qu’il est maire, sa parole est publique. Parce qu’il se présente lui-même comme victime, elle montre aussi qu’une personne ayant subi des violences sexuelles dans son parcours peut, des années plus tard, occuper des responsabilités et décider de transformer une expérience douloureuse en action de prévention.

Il faut cependant éviter une généralisation : chaque victime possède son propre parcours, son propre rythme et sa propre manière de se reconstruire. Témoigner publiquement peut convenir à certains ; d’autres choisiront légitimement de préserver leur histoire.

L’important est ailleurs : la honte doit changer de camp et la parole d’une victime doit pouvoir être entendue.

Deux heures pour apprendre à voir autrement

Christian Zedet lance finalement une invitation très simple :

« En deux heures, vous pourrez acquérir des repères essentiels pour mieux détecter une situation préoccupante et savoir comment réagir. »

Puis il ajoute :

« Ces connaissances peuvent permettre de sauver un enfant. Peut-être le vôtre. Peut-être celui d’un proche. »

Parents, grands-parents, professionnels travaillant auprès des jeunes, enseignants, éducateurs, responsables associatifs ou simples citoyens : ces deux rendez-vous concernent potentiellement chacun d’entre nous.

C’est pourquoi nous invitons à notre tour nos lecteurs à venir nombreux le 22 septembre ou le 6 octobre à 18 h 30, à l’Espace Terre de Siagne.

Non par curiosité pour le témoignage personnel d’un élu, mais pour ce qu’il cherche à produire : davantage d’adultes capables de reconnaître une alerte, d’écouter correctement et de savoir vers qui se tourner.

« Venez. Informez-vous. Apprenez à voir et à agir. »

Ce sont les derniers mots de l’appel de Christian Zedet :

« Venez. Informez-vous. Apprenez à voir et à agir. C’est primordial. Merci à toutes celles et ceux qui prendront le temps d’y assister et de contribuer ainsi à mieux protéger les enfants. »

Parler des violences sexuelles faites aux enfants ne les rend évidemment pas moins graves. Mais rompre le silence, former les adultes et apprendre à reconnaître les signes peut permettre d’intervenir plus tôt.

Et derrière la dureté du sujet subsiste donc une perspective positive : un enfant mieux entouré est un enfant qui a davantage de chances d’être entendu et protégé.

À Saint-Cézaire, ces deux soirées partiront de la parole courageuse d’un homme qui aurait souhaité, enfant, être repéré plus tôt. Elles peuvent aujourd’hui servir à une chose essentielle : faire en sorte qu’un autre enfant, quelque part, reste moins longtemps seul avec son secret.

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