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La CASA accélère et dresse le bilan de trois années d’actions

octobre 9, 2026 | by Jean-Claude JUNIN

leonetti

Transition énergétique : la CASA accélère et dresse le bilan de trois années d’actions

Photovoltaïque, géothermie, bornes électriques, rénovation des logements : Sophia Antipolis veut conjuguer économies d’énergie et développement durable

La Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis (CASA) a présenté, mardi 29 septembre 2026, le bilan de sa stratégie énergétique engagée en 2024. Entre développement des énergies renouvelables, rénovation du patrimoine public, accompagnement des entreprises et soutien aux particuliers, l’intercommunalité multiplie les initiatives. Avec deux objectifs majeurs à l’horizon 2030 : réduire de 24 % les consommations énergétiques et porter à 27 % la part des énergies renouvelables.

Une transition énergétique qui passe des ambitions aux réalisations

La transition énergétique n’est plus seulement une question de grands discours ou d’engagements à long terme. Sur le territoire de la Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis, elle se traduit désormais par des installations photovoltaïques, des bâtiments moins énergivores, des bornes de recharge électrique et des dispositifs d’accompagnement destinés aux habitants.

Lors d’une conférence de presse organisée le 29 septembre 2026, la CASA a présenté les résultats de sa stratégie Énergie 2024-2026 et les prochaines étapes de son action.

L’enjeu est considérable : consommer moins, produire davantage d’énergie localement et accompagner les changements de pratiques, sans compromettre l’attractivité économique d’un territoire qui accueille notamment la technopole de Sophia Antipolis.

Cette politique s’inscrit dans les orientations du Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET), dont le projet a été arrêté par le conseil communautaire le 31 mars 2025 et soumis à consultation publique en juin et juillet 2026.

Deux objectifs structurent cette démarche à l’horizon 2030 :

  • Réduire de 24 % la consommation énergétique finale par rapport à 2012.
  • Porter à 27 % la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique finale.

Ces objectifs, confirmés dans le rapport de développement durable 2025 de la CASA, constituent une feuille de route ambitieuse pour les prochaines années.

Le Pôle Alpha : un bâtiment qui produit une partie de son énergie

Parmi les réalisations emblématiques figure le Pôle Alpha, nouvel équipement de Sophia Antipolis consacré à l’innovation et au développement économique.

Avec ses 8 500 m², ce bâtiment se veut également une vitrine des nouvelles pratiques de construction.

Sa conception bioclimatique repose notamment sur une isolation performante, une protection des façades exposées au soleil et une utilisation importante des énergies renouvelables.

La géothermie constitue l’une de ses principales innovations.

Un ensemble de 32 sondes géothermiques, implantées à 110 mètres de profondeur, permet de mobiliser l’énergie du sous-sol.

Selon les caractéristiques techniques publiées par la CASA, ce dispositif est dimensionné pour couvrir :

  • 100 % des besoins de chauffage.
  • 83 % des besoins de rafraîchissement.

Le bâtiment dispose également d’une installation photovoltaïque en toiture. La documentation officielle évoque environ 400 m² de panneaux, tandis que le bilan présenté le 29 septembre fait état de 450 m².

Ces chiffres correspondent aux caractéristiques annoncées des installations et ne constituent pas, à eux seuls, un bilan mesuré de leur fonctionnement annuel.

L’objectif est néanmoins clair : réduire les besoins énergétiques du bâtiment tout en produisant localement une partie de l’électricité nécessaire à son activité.

Le Pôle Alpha démontre ainsi comment les nouvelles constructions peuvent intégrer les impératifs environnementaux dès leur conception.

Le photovoltaïque gagne les bâtiments communautaires

La stratégie énergétique de la CASA ne concerne pas uniquement les constructions nouvelles.

L’intercommunalité équipe progressivement son patrimoine existant de centrales photovoltaïques.

En 2025, deux équipements importants ont ainsi été concernés.

La médiathèque de Valbonne dispose désormais d’une installation de 136 panneaux photovoltaïques, représentant une surface de 272 m² et une puissance de 62 kWc.

Selon le rapport de développement durable de la CASA, cette installation est dimensionnée pour couvrir environ 35 % des besoins électriques du bâtiment.

Le siège communautaire des Genêts bénéficie également d’une importante installation photovoltaïque.

Le bilan présenté en septembre évoque 1 400 m² de panneaux, pour une production annuelle estimée à 320 MWh.

Le rapport de développement durable 2025 mentionne, pour sa part, 550 modules représentant une puissance installée de 230 kWc.

Au-delà de ces équipements, la CASA souhaite développer un dispositif particulièrement intéressant : l’autoconsommation collective.

Son principe consiste à permettre à plusieurs bâtiments de partager localement l’électricité produite par des installations photovoltaïques.

Un équipement produisant davantage qu’il ne consomme à certains moments pourrait ainsi contribuer à alimenter d’autres bâtiments participant à l’opération.

Cette mutualisation constitue une piste pour améliorer l’utilisation de l’électricité renouvelable produite sur le territoire.

Parallèlement, plus de neuf bâtiments communautaires ont fait l’objet d’audits énergétiques ou sont en cours d’étude.

L’objectif est d’identifier les économies possibles, notamment en matière d’isolation, de chauffage, de climatisation et de gestion des équipements.

Les communes accompagnées dans leurs projets énergétiques

La transition énergétique ne peut se limiter aux équipements de l’intercommunalité.

Les communes disposent elles aussi d’un patrimoine important : écoles, équipements sportifs, salles municipales, bâtiments administratifs ou culturels.

Autant de constructions dont les consommations énergétiques représentent une charge financière parfois considérable.

La CASA accompagne donc les municipalités dans l’identification des travaux prioritaires et le développement des énergies renouvelables.

Cette assistance prend plusieurs formes : audits énergétiques, études du potentiel photovoltaïque et accompagnement dans l’identification des zones susceptibles d’accueillir de nouvelles installations.

Selon le bilan présenté lors de la conférence de presse, 50 études de préfaisabilité solaire et 15 études approfondies ont déjà été réalisées.

Ces études permettent d’évaluer les possibilités techniques et économiques d’installer des panneaux photovoltaïques sur des bâtiments ou des espaces adaptés.

Pour les communes, notamment les plus petites, cet accompagnement peut faciliter le passage de l’intention à la réalisation.

La CASA dispose par ailleurs d’une expérience ancienne dans le conseil énergétique partagé et l’accompagnement des communes, inscrite dans ses politiques territoriales.

Mobilité électrique : 170 bornes publiques sur le territoire

Autre volet de cette stratégie : le développement des infrastructures de recharge pour véhicules électriques.

Le réseau public WiiiZ, déployé à l’échelle de cinq territoires, poursuit son extension.

D’après les chiffres présentés par la CASA, le réseau approche désormais les 400 bornes.

Sur le seul territoire de Sophia Antipolis, 88 infrastructures supplémentaires auraient été déployées entre 2024 et 2026, portant le parc à 170 bornes publiques.

L’objectif annoncé est d’atteindre 200 bornes en 2028.

L’utilisation du réseau progresse également.

La CASA indique que WiiiZ enregistre près de 120 000 charges mensuelles, dont environ 30 % sur son territoire.

Ces chiffres, communiqués lors de la présentation du bilan, mériteraient d’être accompagnés de données détaillées sur les volumes d’électricité délivrés, les taux d’utilisation et la disponibilité des équipements.

Ils témoignent néanmoins de la volonté de renforcer le maillage territorial des infrastructures de recharge.

Le réseau WiiiZ constitue une politique engagée de longue date : dès 2018, 34 bornes avaient été installées sur le territoire de la CASA.

Les entreprises également mobilisées

La transition énergétique représente un enjeu majeur pour les entreprises, confrontées à la hausse des coûts de l’énergie, aux obligations réglementaires et à la nécessité de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

La CASA travaille notamment avec la Chambre de Commerce et d’Industrie Nice Côte d’Azur afin de proposer des diagnostics énergétiques et des bilans d’émissions.

Ces dispositifs permettent aux entreprises d’identifier leurs principaux postes de consommation et d’envisager des investissements adaptés.

Des permanences de conseil en énergie complètent désormais cet accompagnement.

L’intercommunalité cherche également à favoriser les échanges entre entreprises, collectivités, chercheurs et professionnels de l’énergie.

Sept événements consacrés à l’énergie et au climat ont été organisés, selon le bilan présenté.

Parmi eux, les Assises Azuréennes de la Transition Énergétique auraient réuni près de 300 participants en 2026.

Pour Sophia Antipolis, territoire historiquement tourné vers l’innovation, cette démarche présente un intérêt particulier : faire de la décarbonation un domaine de développement économique et technologique.

Rénovation des logements : près de 1,8 million d’euros de subventions

La transition énergétique concerne également les particuliers.

Dans un territoire où une partie importante du parc immobilier a été construite avant le renforcement des réglementations thermiques, l’amélioration de la performance énergétique des logements constitue un enjeu économique, social et environnemental.

Depuis 2023, la CASA intervient dans l’accompagnement des propriétaires et des copropriétés, notamment dans le cadre de sa délégation des aides à la pierre de l’État.

Selon les données présentées le 29 septembre, 71 projets de rénovation énergétique globale ont été accompagnés et financés entre 2023 et 2026, représentant près de 1,8 million d’euros de subventions.

Ces aides contribuent à financer des travaux visant à réduire les consommations énergétiques : isolation, amélioration des systèmes de chauffage, ventilation ou rénovation globale.

Les copropriétés bénéficient également de dispositifs spécifiques.

À Antibes, une copropriété de 95 lots a ainsi obtenu en 2025 une aide de 204 395 euros dans le cadre de MaPrimeRénov’ Copropriété, selon le bilan communiqué.

Pour les ménages, les bénéfices attendus dépassent la seule réduction des émissions : amélioration du confort thermique, diminution des dépenses énergétiques et valorisation du patrimoine immobilier.

Le rapport de développement durable 2024 de la CASA confirme l’importance de cette politique, avec notamment 55 dossiers de travaux et 846 000 euros de subventions de l’Anah engagées cette année-là, auxquels s’ajoutaient 71 000 euros d’aides complémentaires de la CASA.

France Rénov’ : un interlocuteur de proximité pour les habitants

L’une des difficultés rencontrées par les particuliers souhaitant rénover leur logement reste la complexité des démarches.

Quelles aides solliciter ? Quels travaux privilégier ? Comment éviter les propositions commerciales trompeuses ? Comment construire un projet cohérent ?

L’ouverture en 2025 de l’Espace Conseil France Rénov’ de la CASA répond à ces interrogations.

Ce service permet aux habitants de bénéficier d’informations et de conseils pour préparer leurs projets.

Il contribue également à orienter les propriétaires vers les dispositifs d’accompagnement et les aides financières correspondant à leur situation.

Cette mission de proximité est essentielle : une rénovation énergétique efficace nécessite souvent une approche globale plutôt que la multiplication de travaux isolés.

La CASA présente les différents dispositifs d’accompagnement sur son site institutionnel.

2026-2027 : une nouvelle étape pour la transition énergétique

Après cette première période de déploiement, la CASA annonce vouloir accélérer plusieurs projets.

Le développement de l’autoconsommation collective et l’extension des installations photovoltaïques figurent parmi les priorités.

L’intercommunalité envisage également de poursuivre les études relatives à la création d’un réseau de chaleur et de froid à Sophia Antipolis.

Un tel équipement pourrait permettre de mutualiser la production et la distribution d’énergie thermique entre plusieurs bâtiments, sous réserve de faisabilité technique et économique.

Autre projet annoncé : la réhabilitation d’une microcentrale hydroélectrique communautaire, afin de valoriser une ressource énergétique locale.

La CASA souhaite également explorer les possibilités offertes par les achats groupés d’énergie et les dispositifs d’effacement électrique.

Ces derniers consistent à réduire ou décaler temporairement certaines consommations lorsque le réseau électrique est fortement sollicité.

L’adaptation au changement climatique prendra également une place croissante dans les politiques communautaires.

Un Plan Paysage Transition Énergétique est envisagé, ainsi que des actions destinées à limiter les îlots de chaleur urbains.

Enfin, l’accompagnement des entreprises innovantes, des copropriétés et des acteurs économiques devrait être renforcé.

Un bilan encourageant, mais des résultats à mesurer dans la durée

Le bilan présenté par la CASA met en évidence une diversification des interventions publiques.

La collectivité agit simultanément sur la production d’énergie renouvelable, la rénovation du patrimoine, les transports, l’habitat et l’activité économique.

Cette approche transversale constitue l’un des points forts de la stratégie.

Il convient toutefois de distinguer les moyens déployés des résultats énergétiques effectivement obtenus.

Le nombre de panneaux installés, de bornes de recharge déployées ou de dossiers de rénovation financés permet de mesurer l’avancement des actions.

En revanche, ces indicateurs ne suffisent pas à établir la diminution réelle des consommations énergétiques ou des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle du territoire.

Pour apprécier pleinement l’efficacité de cette politique, il faudra disposer de bilans consolidés portant notamment sur les économies d’énergie réalisées, la production renouvelable effective et l’évolution des émissions territoriales.

Ces données permettront de mesurer la trajectoire de la CASA par rapport à ses objectifs de 2030.

Sophia Antipolis : l’innovation au service de l’environnement

Territoire reconnu pour ses activités scientifiques, technologiques et économiques, Sophia Antipolis dispose d’atouts importants pour accompagner les transformations énergétiques.

La présence d’entreprises innovantes, de laboratoires de recherche et d’établissements d’enseignement supérieur constitue un environnement favorable à l’expérimentation de nouvelles solutions.

Mais la transition énergétique ne se gagnera pas uniquement dans les laboratoires ou les grandes entreprises.

Elle se construira également dans les écoles rénovées, les logements mieux isolés, les équipements publics moins énergivores et les projets portés par les communes.

Avec sa stratégie 2024-2026, la CASA démontre sa volonté de transformer progressivement les ambitions environnementales en réalisations concrètes.

Le défi des prochaines années sera de confirmer ces avancées par des économies d’énergie mesurables et durables.

Une perspective encourageante pour un territoire qui entend conjuguer innovation, qualité de vie et préservation de son environnement.

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