450 policiers et gendarmes mobilisés pour éviter de nouvelles violences

22 octobre 2026 | par Jean-Claude JUNIN

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QuandSamedi 24 octobre 2026, de 8 h 00 à 23 h 59
OùNice

Nice : manifestations interdites samedi 24 octobre, 450 policiers et gendarmes mobilisés pour éviter de nouvelles violences

Après les scènes de pillage et de dégradation qui ont frappé plusieurs commerces niçois le samedi 17 octobre, la préfecture des Alpes-Maritimes annonce un dispositif de sécurité exceptionnel pour samedi 24 octobre 2026. Au cœur de ces événements, l’image de Pierre Collin, responsable d’un magasin Micromania, est devenue le symbole de commerçants et de salariés confrontés à la violence.

Nice veut éviter un nouveau samedi de violences

Une semaine après les graves incidents survenus dans le centre de Nice, les autorités entendent empêcher que de nouvelles scènes de violences, de dégradations et de pillages viennent perturber la vie de la cité.

Dans un communiqué daté du jeudi 22 octobre 2026, la préfecture des Alpes-Maritimes annonce l’interdiction des regroupements, cortèges et manifestations revendicatives le samedi 24 octobre, de 8 heures à minuit, dans un vaste périmètre du centre-ville.

Cette mesure s’accompagne d’un important déploiement des forces de l’ordre.

L’objectif annoncé est de prévenir de nouveaux troubles à l’ordre public, de protéger les personnes et les biens et de permettre aux commerçants de poursuivre leur activité dans des conditions de sécurité satisfaisantes.

Cette interdiction ne constitue toutefois pas un couvre-feu général : elle vise les rassemblements et manifestations revendicatives dans la zone définie par les autorités, et non la simple présence de passants dans les rues.

Pierre Collin, le visage d’un commerce qui refuse de céder

Parmi les images qui ont marqué les événements du 17 octobre, celle de Pierre Collin, responsable du magasin Micromania de l’avenue Jean-Médecin, occupe une place particulière.

Sur la photographie devenue emblématique, Pierre apparaît debout à l’entrée de son magasin, devant une vitrine brisée, entouré de débris et de marchandises éparpillées sur le sol.

À ses côtés, un personnage de Dragon Ball semble presque veiller sur les lieux.

Mais derrière cette image saisissante se trouve une réalité autrement plus préoccupante : celle d’un salarié confronté à des individus venus s’en prendre à son lieu de travail.

Pierre a tenté de s’opposer aux pillards. Il aurait notamment reçu des projectiles et un coup de pied dans le dos avant de se relever.

Son attitude a suscité de nombreuses réactions de solidarité.

Il serait néanmoins réducteur de transformer cet épisode en simple récit héroïque. Pierre lui-même a rappelé qu’il n’était pas seul et a mis en garde contre des cagnottes ouvertes en son nom sans son accord.

Son histoire illustre surtout une réalité trop souvent oubliée : derrière un commerce dévasté, il y a des femmes et des hommes, des salariés, des responsables de magasin, des clients et parfois des familles entières qui subissent les conséquences de ces violences.

Défendre son lieu de travail ne devrait jamais exposer quelqu’un à une agression.

Des dégâts qui dépassent les seules vitrines brisées

Les pillages et les dégradations ne se résument pas au coût des marchandises volées ou des vitrines à remplacer.

Pour les commerçants, leurs conséquences peuvent être multiples : interruption de l’activité, réparations, démarches auprès des assureurs, inquiétude des salariés et perte de confiance.

À ces difficultés s’ajoute le sentiment d’insécurité que peuvent ressentir les habitants et les clients.

Un centre-ville commerçant ne fonctionne pleinement que si chacun peut s’y rendre, y travailler et y circuler sereinement.

Les violences du 17 octobre ont donc touché bien au-delà des établissements directement visés.

Elles ont également porté atteinte à l’image d’une ville dont l’activité commerciale, touristique et culturelle constitue une composante essentielle de la vie économique.

Un vaste périmètre d’interdiction dans le centre de Nice

La préfecture a défini une zone couvrant une large partie du centre-ville, de l’ouest de la ville jusqu’au secteur du port.

La carte officielle fait notamment apparaître les secteurs suivants : Gambetta, les abords de la gare, l’avenue Jean-Médecin, le centre-ville, Masséna, le Vieux-Nice et le port.

Plusieurs axes figurent parmi les limites du périmètre représenté, notamment les boulevards Gambetta et Carabacel, l’avenue Désambrois, la rue Barla et différents quais du secteur portuaire.

La zone comprend également une partie du front de mer.

Pour les personnes souhaitant se rendre dans le centre de Nice samedi, il est recommandé de consulter la carte préfectorale officielle, qui permet de visualiser les limites précises de l’interdiction.

Rappelons que cette mesure concerne les manifestations et rassemblements revendicatifs interdits par l’arrêté. Elle ne signifie pas que l’ensemble des commerces doivent fermer ou que toute circulation piétonne est prohibée.

650 policiers et gendarmes mobilisés dans le département

Le dispositif annoncé par les services de l’État se veut particulièrement important.

650 policiers et gendarmes seront mobilisés dans les Alpes-Maritimes, dont 450 à Nice.

Aux effectifs habituels de la police nationale s’ajouteront plusieurs unités et moyens spécialisés.

La préfecture annonce notamment le renfort de CRS, de personnels du RAID, d’enquêteurs de la police aux frontières, d’équipes cynophiles et d’unités de gendarmerie.

Ces effectifs auront pour mission de prévenir la formation de rassemblements interdits, d’effectuer les contrôles autorisés et d’intervenir en cas de troubles.

L’importance de ce déploiement traduit la volonté de l’État de privilégier une présence dissuasive afin d’éviter la répétition des incidents de la semaine précédente.

Des restrictions sur les objets dangereux

En complément de l’interdiction des manifestations, plusieurs restrictions concernent les objets susceptibles d’être utilisés lors de violences urbaines.

Les mesures annoncées visent notamment les mortiers d’artifice et certains articles pyrotechniques, les carburants transportés dans des contenants particuliers, les produits inflammables ou corrosifs, ainsi que les armes et objets susceptibles d’être utilisés comme armes.

Le communiqué évoque également certains équipements de protection individuelle pouvant être employés lors d’affrontements.

Ces restrictions s’appliquent dans les conditions fixées par les arrêtés préfectoraux correspondants.

Des contrôles pourront être réalisés dans le cadre légal applicable, notamment sur réquisition du procureur de la République.

Quelles sanctions pour les contrevenants ?

Le droit français distingue la participation à une manifestation interdite de son organisation.

La participation à une manifestation interdite sur la voie publique peut donner lieu à une amende forfaitaire de 135 euros, dans les conditions prévues par le Code pénal.

L’organisation d’une manifestation interdite ou irrégulièrement déclarée constitue une infraction plus grave, passible de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.

Il convient de rappeler que ces sanctions ne s’appliquent pas indistinctement à toute personne présente dans le périmètre.

Elles concernent les comportements précisément définis par les textes.

Un couvre-feu concernant certains mineurs

La préfecture rappelle également l’existence d’un couvre-feu instauré par la Ville de Nice, en concertation avec les services de l’État, dans certains secteurs du centre-ville.

Cette mesure concerne les mineurs selon les conditions de l’arrêté municipal, notamment dans les secteurs Centre-Ville–Vieux-Nice et Trachel–Gare du Sud.

Le couvre-feu est annoncé de 21 heures à 6 heures, avec une échéance fixée au lundi 26 octobre à 6 heures.

Il s’agit d’une mesure distincte de l’interdiction préfectorale des manifestations du samedi 24 octobre.

La liberté de manifester reste un principe fondamental

L’interdiction annoncée soulève également une question essentielle : comment concilier la liberté de manifester avec la protection de l’ordre public ?

En France, la liberté de manifestation constitue une liberté fondamentale. Elle permet l’expression collective d’opinions et de revendications.

Mais cette liberté n’autorise ni les violences contre les personnes, ni les dégradations, ni les pillages.

Les autorités administratives peuvent prendre des mesures de restriction lorsque les risques de troubles à l’ordre public le justifient. Ces mesures doivent toutefois rester nécessaires, adaptées et proportionnées.

Il appartient notamment au juge administratif, lorsqu’il est saisi, de contrôler cet équilibre.

La distinction est importante : les auteurs de violences ne doivent pas être confondus avec l’ensemble des personnes qui souhaitent exprimer pacifiquement une opinion.

Protéger les commerçants et retrouver la sérénité

Pour les habitants et les commerçants niçois, la priorité immédiate est de retrouver un centre-ville apaisé.

Les événements du 17 octobre ont rappelé la vulnérabilité de ceux qui, chaque jour, ouvrent leur commerce, accueillent les clients et participent à la vie économique de la ville.

L’image de Pierre Collin devant son magasin dévasté restera sans doute l’un des symboles de cette journée.

Elle rappelle surtout qu’aucun salarié ne devrait avoir à se dresser physiquement face à des pillards pour protéger son travail.

Samedi 24 octobre, le dispositif exceptionnel annoncé par la préfecture aura pour objectif d’empêcher que de telles scènes se reproduisent.

Au-delà de cette journée, le véritable enjeu sera de restaurer durablement la confiance.

Car la meilleure réponse aux violences reste une ville où chacun peut travailler, circuler, commercer et exprimer ses convictions librement, sans crainte et sans intimidation.

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