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donner, prendre… et surtout éviter de jeter

octobre 6, 2026 | by Jean-Claude JUNIN

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Auribeau-sur-Siagne : une Gratiféria pour donner, prendre… et surtout éviter de jeter

Samedi 10 octobre 2026, de 10h à 12h, Auribeau-sur-Siagne accueille une Gratiféria au cours de la Maison des Associations, au Bayle. Derrière ce mot encore inhabituel se cache un principe d’une simplicité désarmante : déposer gratuitement ce dont on n’a plus besoin et repartir, si on le souhaite, avec ce qui peut encore être utile. Sans vente, sans monnaie et, surtout, sans obligation de donner pour pouvoir prendre. Une initiative qui conjugue solidarité, réemploi et lutte contre le gaspillage.

Il y a les vide-greniers, où l’on vend. Il y a le troc, où l’on échange. Et puis il y a la Gratiféria, où l’on donne.

Samedi 10 octobre, de 10h à 12h, c’est ce principe qui prendra place au cours de la Maison des Associations – Le Bayle, à Auribeau-sur-Siagne.

L’idée pourrait presque tenir en une phrase : ce qui ne vous sert plus peut encore servir à quelqu’un d’autre.

Et contrairement au troc, aucune réciprocité immédiate n’est nécessaire. Celui qui apporte peut ne rien prendre ; celui qui trouve un objet utile peut repartir avec sans avoir apporté quelque chose en contrepartie. C’est précisément ce qui fait la particularité de la Gratiféria.

Une « foire gratuite » née en Amérique du Sud

Le terme « Gratiféria » vient de la contraction des mots espagnols gratis et feria, autrement dit une « foire gratuite ». Le concept s’est développé en Argentine au début des années 2010 avant d’essaimer dans de nombreux pays. L’Observatoire du partage situe les premiers marchés de ce type en Argentine en 2010.

Depuis, le principe a trouvé sa place dans les démarches de consommation responsable et d’économie circulaire.

L’ADEME elle-même présente la Gratiféria comme un marché gratuit reposant sur le don et le réemploi : on peut y déposer des objets propres et en bon état dont on n’a plus l’utilité et en récupérer d’autres gratuitement, sans transaction financière.

C’est donc bien davantage qu’un vide-grenier à prix zéro.

Donner une deuxième vie plutôt que jeter

Livres, vêtements, jouets, vaisselle, décoration, petits équipements ou objets du quotidien : selon les règles retenues par chaque organisateur, quantité de choses peuvent trouver une deuxième maison plutôt que terminer prématurément parmi les déchets.

Le principe rejoint directement celui du réemploi.

L’Observatoire national du réemploi et de la réutilisation de l’ADEME définit celui-ci comme l’utilisation nouvelle d’un produit ayant déjà eu une première vie, pour le même usage, avant qu’il n’acquière le statut de déchet. C’est donc bien une démarche de prévention des déchets.

Et les volumes concernés sont loin d’être anecdotiques : l’ADEME indique que 100 000 tonnes de produits ont été déclarées réemployées ou réutilisées en France en 2024 dans les filières concernées par les objectifs de réemploi-réutilisation.

Autrement dit, derrière le petit objet que l’on décide de ne pas jeter se dessine un enjeu beaucoup plus vaste.

Le meilleur déchet reste aussi celui que l’on ne produit pas

La logique est assez implacable : fabriquer un objet nécessite des matières premières, de l’énergie, du transport, un emballage et, tôt ou tard, son traitement lorsqu’il devient un déchet.

Prolonger sa durée d’utilisation permet donc de retarder son remplacement et d’éviter qu’un produit encore utilisable ne rejoigne trop rapidement la filière des déchets.

L’ADEME souligne que réemploi, réutilisation et réparation participent à la prévention des déchets et à une consommation plus responsable. Ces pratiques peuvent également permettre aux ménages d’éviter ou de différer l’achat de produits neufs.

Sa plateforme « Que faire de mes objets et déchets ? » résume d’ailleurs le geste très simplement : donner un objet encore en bon état permet de prolonger son usage.

Une dimension sociale tout aussi importante

Mais réduire la Gratiféria à une opération environnementale serait passer à côté d’une partie de son intérêt.

Car ici, aucune caisse ne sépare celui qui donne de celui qui reçoit.

Pas davantage de prix à négocier.

Une personne peut apporter plusieurs objets et repartir les mains vides. Une autre peut arriver sans rien et trouver précisément le livre, le vêtement ou l’objet dont elle avait besoin.

C’est cette absence de contrepartie obligatoire qui différencie profondément la Gratiféria du troc.

Dans une période où le coût de la vie reste une préoccupation pour de nombreux foyers, cette forme de circulation gratuite des objets possède donc aussi une dimension très concrète de solidarité locale.

Elle permet également de remettre un peu d’humain dans la circulation des biens : derrière un objet dont quelqu’un n’a plus besoin, il y a peut-être, à quelques rues de là, une personne qui le cherche.

Auribeau, un village à taille humaine pour une initiative de proximité

L’opération prend tout son sens à l’échelle d’une commune comme Auribeau-sur-Siagne. La commune comptait 3 401 habitants en 2023, selon les dernières données de l’Insee.

Auribeau appartient par ailleurs à la Communauté d’agglomération du Pays de Grasse. Dans ce territoire où les initiatives associatives et communales constituent une part importante de la vie locale, une manifestation de deux heures peut sembler modeste. Son principe est pourtant facilement reproductible.

Car la Gratiféria porte finalement une petite révolution dans notre rapport aux objets : la valeur d’une chose ne se résume pas à son prix.

Un livre déjà lu, un jouet délaissé, une assiette devenue inutile ou un vêtement qui dort dans une armoire n’ont peut-être plus de valeur pour leur propriétaire. Ils peuvent en avoir beaucoup pour quelqu’un d’autre.

Samedi matin, on ne vend rien… et c’est justement tout l’intérêt

La Gratiféria d’Auribeau-sur-Siagne invite donc à ouvrir placards, bibliothèques et tiroirs avec une question toute simple : « Est-ce que je vais réellement encore utiliser cet objet ? »

Si la réponse est non, plutôt que de le jeter ou de le laisser dormir pendant des années, pourquoi ne pas lui offrir une nouvelle vie ?

Et l’on peut également venir simplement regarder ce que d’autres auront choisi de transmettre.

Rendez-vous samedi 10 octobre 2026, de 10h à 12h, au cours de la Maison des Associations – Le Bayle, à Auribeau-sur-Siagne.

Une matinée sans étiquette de prix, mais certainement pas sans valeur : celle du partage, du réemploi et d’une consommation un peu plus raisonnable.

#AuribeauSurSiagne #PaysDeGrasse #Gratiferia #Gratuité #Réemploi #ÉconomieCirculaire #AntiGaspillage #Solidarité #ConsommationResponsable #Environnement #AlpesMaritimes #GrasseMatInfo

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