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43 communes sous restrictions, l’heure est à la responsabilité collective

juillet 26, 2026 | by Jean-Claude JUNIN

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Sécheresse dans les Alpes-Maritimes : 43 communes sous restrictions, l’heure est à la responsabilité collective

La situation hydrologique continue de se tendre dans les Alpes-Maritimes. Face à la dégradation constatée au cours du mois de juillet, la préfecture a décidé de renforcer son dispositif de gestion de la sécheresse. À compter du 25 juillet 2026, 43 communes du département sont soumises à des restrictions d’usage de l’eau, dont 13 nouvelles communes.

Une décision qui intervient au cœur de l’été, alors que la chaleur, la faiblesse des précipitations et la diminution des débits de plusieurs cours d’eau exercent une pression croissante sur une ressource indispensable à tous.

L’objectif est clair : préserver l’eau disponible, garantir les usages prioritaires et éviter une aggravation de la situation dans les prochaines semaines.

Une situation hydrologique qui s’est rapidement dégradée

Les chiffres communiqués par les services de l’État témoignent d’une situation qui mérite toute l’attention des habitants.

Entre le 1er septembre 2025 et le 26 mai 2026, le déficit pluviométrique atteint environ 15,5 % à l’échelle départementale, et jusqu’à 20 % dans certains secteurs. Le printemps a ensuite accentué cette tension avec un déficit spectaculaire de 87 % des précipitations en avril, suivi de déficits de 10 % en mai, 15 % en juin et 45 % en juillet.

La chaleur constitue un autre facteur aggravant. Juin a enregistré une anomalie thermique de +2,9 °C, tandis que juillet atteint +3,8 °C. Dans le même temps, 81 % des nappes surveillées se situent sous les normales saisonnières et les débits des cours d’eau continuent de diminuer, particulièrement sur les fleuves côtiers. Des assecs précoces ont même été constatés dans certains secteurs.

Autre élément préoccupant : depuis avril, les consommations d’eau progressent et atteignent jusqu’à +30 % dans certains secteurs, précisément au moment où la ressource devient plus fragile.

24 communes placées en alerte

La nouvelle carte préfectorale du 24 juillet fait apparaître plusieurs niveaux de restrictions, de la vigilance jusqu’au stade de crise.

24 communes sont désormais placées au stade d’alerte.

Sur le bassin de la Siagne amont, sont concernées Cabris, Escragnolles, Grasse, Peymeinade, Saint-Cézaire-sur-Siagne, Saint-Vallier-de-Thiey, Spéracèdes et Le Tignet.

Sur la Siagne aval, les restrictions concernent Théoule-sur-Mer, Mandelieu-la-Napoule, Cannes, Le Cannet, Vallauris, Mougins, La Roquette-sur-Siagne, Pégomas, Auribeau-sur-Siagne et Mouans-Sartoux.

S’y ajoutent, en raison du double zonage avec la Siagne amont, Gourdon, Le Bar-sur-Loup, Le Rouret, Opio, Châteauneuf-Grasse et Valbonne.

Dans ces communes, le lavage des voitures à domicile et le remplissage des piscines individuelles sont interdits. L’arrosage des espaces verts, massifs fleuris, jardins potagers et golfs est également interdit entre 8 heures et 20 heures.

Ce ne sont donc plus de simples recommandations : ces mesures doivent être respectées par chacun.

14 communes passent en alerte renforcée

La situation est encore plus préoccupante dans les bassins versants de la Brague et des Paillons.

Antibes et Biot, ainsi que Bendejun, Berre-les-Alpes, Blausasc, Cantaron, Coaraze, Contes, Drap, L’Escarène, Lucéram, Peille, Peillon et Touët-de-l’Escarène sont placées en alerte renforcée.

Les restrictions y deviennent logiquement plus importantes : lavage des voitures à domicile et remplissage des piscines individuelles interdits, mais également interdiction d’arroser les espaces verts et les massifs fleuris de jour comme de nuit.

Les golfs doivent diminuer de 60 % leurs volumes d’arrosage, celui-ci n’étant possible que la nuit, tandis que les douches de plage doivent être fermées.

Cinq communes au stade de crise

Le niveau maximal est atteint sur le bassin versant de la Cagne.

La Gaude, Saint-Jeannet, Saint-Paul-de-Vence et Vence, ainsi que Cagnes-sur-Mer pour les usages non raccordés à l’eau potable, sont placées en crise sécheresse. La situation particulière de Cagnes-sur-Mer s’explique par l’origine de son eau potable, importée depuis le bassin versant du Loup : les usages raccordés au réseau d’eau potable y relèvent donc des mesures du bassin du Loup, placé en alerte.

Au stade de crise, les mesures comprennent notamment l’interdiction de remise à niveau des piscines individuelles, du lavage des voitures à domicile et de l’arrosage des potagers et espaces verts, de jour comme de nuit, sauf exceptions prévues. Les centres de lavage automobile dépourvus de système de recyclage doivent également fermer.

Le Haut-Pays résiste mieux, mais reste sous surveillance

La situation n’est heureusement pas uniforme sur l’ensemble du territoire.

Dans le Haut-Pays, les cumuls de neige et de pluie enregistrés pendant la période de recharge ont permis de maintenir au printemps des débits supérieurs aux seuils d’alerte. Les orages de juin en montagne contribuent encore à soutenir les cours d’eau des bassins versants du Var et, dans une moindre mesure, de la Roya.

Les communes qui ne sont pas soumises aux restrictions demeurent toutefois en vigilance sécheresse. Il n’y existe pas, à ce stade, de restrictions obligatoires, mais la préfecture invite chacun à adopter spontanément des comportements économes afin de retarder, voire d’éviter, le passage à des niveaux plus contraignants.

Économiser l’eau : quelques gestes multipliés par des milliers d’habitants

Dans ce contexte, chaque geste compte.

Reporter le lavage d’une voiture, limiter les arrosages lorsqu’ils restent autorisés, éviter de laisser couler inutilement l’eau, privilégier les douches courtes, réparer rapidement une fuite ou réutiliser lorsque cela est possible une eau déjà employée : individuellement, l’économie peut sembler modeste ; collectivement, elle devient considérable.

C’est précisément le sens des mesures prises par la préfecture : organiser une solidarité autour d’une ressource commune.

Agriculteurs, industriels et artisans sont également concernés par des dispositions spécifiques destinées à réduire leurs prélèvements et leurs consommations. L’effort demandé concerne donc l’ensemble du territoire et de ses activités.

Sécheresse et incendies : une vigilance absolue

À cette tension sur la ressource en eau s’ajoute un autre danger majeur de l’été azuréen : le risque d’incendie.

La sécheresse prolongée et les températures élevées dessèchent rapidement la végétation. Dans ces conditions, un simple comportement imprudent peut avoir des conséquences considérables.

La situation actuelle doit donc nous inciter à une vigilance maximale : pas de mégot jeté dans la nature ou depuis un véhicule, aucune flamme ou activité susceptible de produire des étincelles à proximité de végétation sèche, et respect scrupuleux des éventuelles restrictions d’accès aux massifs et des consignes des autorités.

Au-delà du risque pour les forêts et les espaces naturels, un incendie mobilise également d’importants moyens humains et des volumes d’eau précieux à un moment où cette ressource est déjà sous tension.

Préserver l’eau et prévenir les incendies participent ainsi d’une même responsabilité collective.

Respecter les interdictions, c’est aussi faire preuve de civisme

Les restrictions ne doivent pas être considérées comme de simples contraintes administratives. Elles répondent à une situation concrète et ont pour objectif de préserver les usages prioritaires, notamment la santé, la sécurité civile, l’approvisionnement en eau potable, la salubrité et la préservation des écosystèmes aquatiques. L’arrêté préfectoral précise d’ailleurs que les mesures sont applicables jusqu’au 31 octobre 2026, avec possibilité d’être renforcées ou assouplies selon l’évolution de la situation.

Remplir une piscine lorsqu’une interdiction s’applique, laver sa voiture à domicile ou arroser en dehors des périodes autorisées peut sembler anodin à l’échelle individuelle. Multipliés par des milliers d’usagers, ces comportements fragilisent pourtant une ressource déjà déficitaire.

Le civisme consiste donc aujourd’hui à connaître les règles applicables dans sa commune et surtout à les respecter.

Les prochaines semaines seront déterminantes

La préfecture prévient que de nouvelles restrictions de prélèvement et de consommation pourraient être décidées dans les semaines à venir si la situation continue de se dégrader. Les prévisions saisonnières annoncent en effet un été plus chaud que la normale, ce qui augmente l’évaporation et l’évapotranspiration tout en fragilisant les milieux aquatiques.

Mais cette situation n’appelle ni à l’alarmisme ni au fatalisme. Elle appelle avant tout à la responsabilité.

Les Alpes-Maritimes disposent d’un patrimoine naturel exceptionnel, de montagnes, de forêts et de cours d’eau qui font partie de leur identité. Préserver cette richesse commence aujourd’hui par des gestes simples : économiser l’eau, respecter les interdictions, protéger les espaces naturels et adopter une vigilance absolue face au risque d’incendie.

Si chacun prend sa part de l’effort, des milliers de petits gestes peuvent produire un résultat considérable. Cet été, économiser l’eau et protéger nos massifs, c’est tout simplement protéger les Alpes-Maritimes.

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