open
close

82 ans après, la mémoire du Débarquement de Provence et de Pierre Prandi demeure vivante

août 14, 2026 | by Jean-Claude JUNIN

IMG_20240818_123241

Saint-Vallier-de-Thiey : 82 ans après, la mémoire du Débarquement de Provence et de Pierre Prandi demeure vivante

Le mercredi 19 août 2026, Saint-Vallier-de-Thiey se recueillera à l’occasion du 82e anniversaire du Débarquement de Provence et de la mort du F.F.I. Pierre Prandi. Organisée par le comité du Souvenir Français de Saint-Vallier-de-Thiey, présidé par André Dolla, accompagné de Marcelle Lucaroni et Philippe Pasquier, cette cérémonie rappellera que la Libération de la Provence ne fut pas seulement l’affaire des grandes armées alliées : dans les villes et les villages, des résistants français engagèrent également leur vie pour combattre l’occupant nazi et le régime fasciste qui lui était allié.

19 août 2026 : Saint-Vallier-de-Thiey se souvient

Chaque été, les commémorations du mois d’août ramènent les habitants du pays grassois vers l’un des épisodes majeurs de leur histoire contemporaine.

Le comité du Souvenir Français de Saint-Vallier-de-Thiey invite ainsi habitants, élus, anciens combattants, porte-drapeaux, associations patriotiques et toutes celles et ceux qui souhaitent transmettre cette mémoire à participer, mercredi 19 août 2026, au 82e anniversaire du Débarquement de Provence et à l’hommage rendu au F.F.I. Pierre Prandi, mort dans les journées de la Libération.

Le rendez-vous est fixé à 11h15, place du Tour, avant la cérémonie au monument aux morts à 11h30.

À 12h15, un apéritif sera proposé dans le Grand Pré. La rencontre se prolongera à partir de 12h30 sur la terrasse du restaurant du Pré Joly, autour d’un repas proposé au tarif de 29 euros, vin compris, avec au menu paëlla, nougat glacé et café.

Mais derrière la convivialité de cette journée demeure le souvenir d’une période infiniment plus sombre.

Août 1944 : la Provence devient un immense champ de bataille

Il faut revenir 82 ans en arrière.

Le 15 août 1944, un peu plus de deux mois après le Débarquement de Normandie, les Alliés déclenchent l’opération Dragoon. Son objectif est considérable : ouvrir un second front en France, contraindre les forces allemandes à combattre au sud, s’emparer rapidement des grands ports de Toulon et Marseille et permettre aux armées alliées de remonter vers le nord.

Dans la nuit du 14 au 15 août, les premières opérations commencent. Près de 5 000 parachutistes, majoritairement américains, britanniques et canadiens, sont largués dans la vallée de l’Argens, notamment autour du Muy et de La Motte. Des commandos français débarquent au Cap Nègre tandis que d’autres unités interviennent sur les îles d’Hyères.

Puis vient l’assaut principal.

À partir de 8 heures, après d’intenses bombardements aériens et navals, les 3e, 36e et 45e divisions d’infanterie américaines débarquent entre Cavalaire, Sainte-Maxime et Saint-Raphaël. Une immense flotte a été réunie pour l’opération : quelque 2 000 bâtiments et autant d’avions participent au dispositif.

Le lendemain, le gros de l’Armée B du général Jean de Lattre de Tassigny commence à débarquer. Elle rassemble des combattants venus d’horizons extrêmement divers : Français libres, soldats d’Afrique du Nord, tirailleurs algériens et sénégalais, goumiers et tabors marocains, spahis, unités blindées et commandos. L’Armée B compte alors environ 260 000 hommes.

Cette diversité des hommes engagés demeure l’une des dimensions essentielles du souvenir du Débarquement de Provence.

Une libération rapide, mais des combats terriblement meurtriers

Avec le recul, la rapidité de l’avancée alliée peut donner l’impression d’une opération presque facile. Elle ne le fut pas.

Les soldats affrontent des positions fortifiées, des champs de mines, l’artillerie allemande et des unités décidées à défendre certains points stratégiques. À Toulon et Marseille notamment, les combats sont particulièrement violents.

Toulon est investi à partir du 20 août. Les positions allemandes sont progressivement réduites au prix de lourdes pertes. Marseille connaît également de très violents affrontements du 21 au 28 août. La prise des deux grands ports méditerranéens est obtenue avec près d’un mois d’avance sur les prévisions alliées.

Ce succès aura une importance stratégique considérable : Marseille et Toulon deviennent rapidement des portes d’entrée essentielles pour les hommes, les véhicules, les armes, les munitions et le ravitaillement nécessaires à la poursuite de la guerre. Plus de 900 000 hommes et quatre millions de tonnes de matériel transiteront ensuite par ces ports.

Dans l’arrière-pays, les résistants passent à l’action

Mais la bataille de Provence ne se déroule pas uniquement sur les plages.

Dans les montagnes, les vallées, les villages et le long des routes de l’arrière-pays, les Forces françaises de l’intérieur (F.F.I.) jouent un rôle déterminant.

Dès la veille du débarquement, la Résistance reçoit de Londres les messages annonçant le déclenchement des opérations. Sabotages, renseignements, coupures des communications, embuscades et harcèlement des unités allemandes en retraite se multiplient. Les maquisards contribuent ainsi à désorganiser les forces d’occupation et à faciliter la progression des armées alliées.

Dans les Alpes-Maritimes, cette lutte prend une dimension particulière.

La géographie du département, ses routes sinueuses, ses cols, ses plateaux et ses villages du Haut-Pays donnent aux groupes de résistants une importance stratégique. Alors que les troupes allemandes commencent leur repli, les F.F.I., les groupes de l’Organisation de Résistance de l’Armée et les Francs-tireurs et partisans multiplient leurs actions.

La libération de la Provence orientale s’accélère. Dans le Haut-Pays niçois, les maquisards participent directement aux opérations, tandis que les forces allemandes se replient progressivement vers la frontière italienne. Nice se soulèvera à son tour avant l’entrée des forces alliées dans la ville le 30 août.

Pierre Prandi, un nom derrière l’immense histoire de la Libération

C’est dans cette histoire nationale et militaire que s’inscrit le souvenir local de Pierre Prandi.

Son nom rappelle une réalité parfois éclipsée par les images spectaculaires des péniches de débarquement, des parachutistes ou des longues colonnes de blindés : la Libération fut aussi celle de milliers d’hommes et de femmes ordinaires qui, dans leur propre région, choisirent de résister.

Être F.F.I. durant l’été 1944 signifiait prendre des risques considérables.

Les résistants ne disposaient ni de la puissance de feu ni de la protection d’une armée régulière. Ils connaissaient leur territoire, bénéficiaient du soutien d’une partie de la population et pouvaient guider ou renseigner les Alliés, mais ils demeuraient particulièrement vulnérables lorsqu’ils affrontaient directement les forces allemandes.

Certains ne connurent jamais la France libérée qu’ils avaient contribué à faire renaître.

Pierre Prandi fut de ceux dont le nom demeure attaché à ces journées d’août 1944.

Le 19 août, Saint-Vallier-de-Thiey ne commémorera donc pas uniquement un événement militaire vieux de 82 ans. La commune rendra hommage à un homme, mais aussi, à travers lui, à tous les résistants tombés au moment où la liberté semblait enfin redevenir possible.

De la Méditerranée jusqu’à la libération de la France

L’offensive déclenchée le 15 août ne s’arrête évidemment pas à la Provence.

Pendant que les forces françaises s’emparent de Toulon et Marseille, les troupes américaines progressent rapidement vers le nord par la vallée du Rhône. Les forces allemandes battent en retraite, tout en opposant une résistance parfois acharnée.

Montélimar est libérée le 28 août, Lyon le 3 septembre. Puis les armées venues de Provence poursuivent leur marche vers la Bourgogne. En septembre, les forces débarquées en Provence rejoignent celles venues de Normandie : le piège stratégique imaginé par les Alliés s’est refermé sur les forces allemandes en France.

La guerre, pourtant, est encore loin d’être terminée.

Il faudra poursuivre les combats vers les Vosges, l’Alsace puis l’Allemagne. L’Armée B deviendra la 1re Armée française, intégrant progressivement plus de 100 000 combattants issus des F.F.I.

Beaucoup de ceux qui avaient combattu clandestinement quelques semaines auparavant continueront ainsi la guerre sous l’uniforme jusqu’à la victoire de 1945.

Transmettre lorsque les témoins disparaissent

En 2026, cette commémoration prend nécessairement une dimension supplémentaire.

Quatre-vingt-deux années nous séparent désormais de l’été 1944.

Les témoins directs deviennent extrêmement rares. Les générations qui ont vécu l’Occupation, la Résistance et la Libération disparaissent peu à peu. Dès lors, la mémoire repose davantage encore sur les familles, les archives, les monuments, les associations patriotiques, les collectivités et les cérémonies.

C’est précisément la mission poursuivie par le Souvenir Français : entretenir les tombes et monuments, conserver la mémoire de celles et ceux qui sont morts pour la France et transmettre cette histoire aux générations suivantes.

À Saint-Vallier-de-Thiey, André Dolla, Marcelle Lucaroni et Philippe Pasquier poursuivent ce travail de transmission en faisant vivre une mémoire profondément enracinée dans le territoire.

Les véhicules militaires historiques, les uniformes, les porte-drapeaux et les reconstitutions qui accompagnent traditionnellement ces journées permettent également de donner une réalité concrète aux événements. Ils attirent le regard, particulièrement celui des plus jeunes, avant d’ouvrir la porte à une question essentielle : que s’est-il passé ici en août 1944 ?

Et derrière cette question viennent les histoires, les noms et les destins.

Parmi eux, celui de Pierre Prandi.

Mercredi 19 août : se souvenir ensemble

Le rendez-vous du 19 août sera donc tout à la fois une cérémonie patriotique, une rencontre entre générations et un moment de transmission.

Programme :

11h15 : rassemblement place du Tour
11h30 : cérémonie au monument aux morts
12h15 : apéritif dans le Grand Pré
12h30 : repas sur la terrasse du restaurant du Pré Joly

Menu – 29 €, vin compris :
Paëlla
Nougat glacé
Café

Quatre-vingt-deux ans après ces journées décisives, commémorer le Débarquement de Provence et Pierre Prandi ne consiste pas à regarder uniquement vers le passé. C’est rappeler que la paix, la démocratie et la liberté dont nous bénéficions aujourd’hui furent conquises au prix de combats difficiles et, pour certains, du sacrifice de leur vie.

À Saint-Vallier-de-Thiey, le 19 août, les drapeaux se lèveront une nouvelle fois devant le monument aux morts. Et tant que des femmes, des hommes et des enfants seront présents pour entendre les noms de ceux qui sont tombés, leur histoire continuera de vivre. Parce que transmettre leur mémoire, c’est aussi transmettre aux générations futures le prix de la liberté.

#SaintVallierDeThiey #SouvenirFrançais #PierrePrandi #DébarquementDeProvence #OperationDragoon #19Août1944 #Résistance #FFI #Libération #DevoirDeMémoire #Mémoire #Histoire #AlpesMaritimes #PaysDeGrasse #SecondeGuerreMondiale #France

 

RELATED POSTS

View all

view all

Ad augusta per angusta

X