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l’État choisit une spécialiste de l’antiterrorisme pour les Alpes-Maritimes

août 28, 2026 | by Jean-Claude JUNIN

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Judicaële Ruby aux côtés de Jean-Marie Girier : l’État choisit une spécialiste de l’antiterrorisme pour les Alpes-Maritimes

Nommée sous-préfète et directrice de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes par décret du Président de la République du 26 août 2026, Judicaële Ruby prendra ses fonctions en septembre. Ancienne commissaire divisionnaire, spécialiste de l’antiterrorisme, de la grande criminalité et des affaires économiques et financières, elle affiche un parcours particulièrement solide. Quelques semaines après l’arrivée de Sabry Hani à Grasse, cette nouvelle nomination dessine aussi un intéressant symbole républicain dans un département où les questions d’identité, d’immigration et de progression de l’extrême droite occupent fortement le débat politique.

Tout d’abord, la rédaction de GrasseMat’ adresse ses sincères félicitations à Judicaële Ruby pour sa nomination et lui souhaite la bienvenue dans les Alpes-Maritimes.

Le décret présidentiel du 26 août 2026 la nomme sous-préfète, directrice de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes. Elle rejoindra Nice en septembre et succédera à Aurélie Lebourgeois, appelée à devenir secrétaire générale de la préfecture du Loiret et sous-préfète d’Orléans.

Derrière cette nomination apparaît surtout un CV qui mérite que l’on s’y attarde.

Du droit pénal à la lutte antiterroriste

Titulaire d’un DEA de droit pénal et sciences criminelles obtenu à l’Université Jean-Moulin Lyon III, Judicaële Ruby suit la formation de commissaire à l’École nationale supérieure de la police et réussit le concours de commissaire en 2002. Elle est également chevalier de l’Ordre national du Mérite.

Et ses premières affectations donnent immédiatement le ton.

En 2002, elle rejoint la Division nationale antiterroriste de la Direction centrale de la police judiciaire comme adjointe au chef de la section de répression du terrorisme interne.

Trois ans plus tard, en 2005, elle en prend la tête.

En 2006, elle devient cheffe de la division nationale de répression du terrorisme séparatiste, au sein de la sous-direction antiterroriste de la Police judiciaire.

Autrement dit, bien avant d’entrer dans le corps préfectoral, Judicaële Ruby a été confrontée à quelques-uns des dossiers les plus sensibles auxquels puisse être confronté un haut responsable de la Police nationale.

Criminelle, banditisme, puis délinquance financière

En 2008, changement de terrain mais pas vraiment de niveau de difficulté.

Elle revient à Lyon et prend la tête de la brigade criminelle et de répression du banditisme de la Direction interrégionale de la police judiciaire.

Elle occupe cette responsabilité jusqu’en 2013 avant de devenir cheffe de la division économique et financière de la PJ lyonnaise. Elle conservera cette fonction jusqu’en 2021.

Terrorisme, grande criminalité, banditisme, délinquance économique et financière : difficile de ne pas voir dans ce parcours une remarquable école de sang-froid.

Elle devient commissaire divisionnaire en 2015 et transmet parallèlement son expérience, notamment comme enseignante vacataire dans le Master 1 Sécurité intérieure de l’Université Lyon III entre 2014 et 2018.

En 2021, une nouvelle vie dans la préfectorale

Après près de vingt années dans la police, Judicaële Ruby change d’univers en 2021 sans vraiment changer de mission fondamentale : servir l’État.

Elle est nommée sous-préfète et directrice de cabinet de la préfète de la Loire.

Elle connaît donc parfaitement la fonction qu’elle retrouvera prochainement à Nice.

Puis, en septembre 2024, elle devient sous-préfète de Châtellerault, dans la Vienne. La fonction lui permet d’élargir encore son expérience : représentation territoriale de l’État, sécurité des populations, coordination des services, relations avec les collectivités et accompagnement des politiques publiques.

Deux ans plus tard, la voici donc appelée dans les Alpes-Maritimes.

Et ce choix n’est certainement pas anodin sur le plan professionnel.

Une spécialiste de l’antiterrorisme dans un département meurtri

Nice et les Alpes-Maritimes ont payé un tribut particulièrement lourd au terrorisme.

Le parcours de Judicaële Ruby prend donc ici une résonance particulière. La nouvelle directrice de cabinet arrive avec une expérience opérationnelle directement liée à l’antiterrorisme, mais également à la criminalité organisée et aux questions de sécurité.

À la direction du cabinet du préfet, ces compétences seront précieuses, la fonction étant notamment au cœur des problématiques de sécurité, d’ordre public et de gestion de crise.

Ce n’est donc pas une débutante que l’État envoie sur la Côte d’Azur.

C’est une femme qui connaît les dossiers difficiles.

Et quelques kilomètres plus loin, Sabry Hani à Grasse…

Difficile, pour GrasseMat’, de ne pas faire le rapprochement avec une autre nomination toute récente.

Le 5 août 2026, Emmanuel Macron nommait Sabry Hani sous-préfet de Grasse, pour une durée initiale de trois ans.

Et lundi 24 août, nous assistions à son installation officielle : dépôt de gerbe au Monument aux morts puis rencontre avec les élus et les forces vives de l’arrondissement dans les jardins de la sous-préfecture.

Là encore, le parcours est significatif.

Né à Voiron en 1976, Sabry Hani possède notamment une solide expérience dans les politiques de la ville, les préfectures du Var, de la Drôme, de Guadeloupe et de Mayotte. Il fut également secrétaire général adjoint du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation avant de devenir secrétaire général de la préfecture de Mayotte, puis sous-préfet de Meaux.

Lors de sa prise de fonctions à Grasse, il a réaffirmé son attachement aux valeurs de la République, son expérience de la lutte contre la radicalisation et sa volonté d’aller régulièrement à la rencontre des communes de son arrondissement.

Ruby à Nice, Hani à Grasse : le joli pied de nez de la République ?

Alors, forcément, la rédaction de GrasseMat’ ne peut s’empêcher d’y voir un symbole.

Soyons précis : rien ne permet d’affirmer qu’Emmanuel Macron aurait procédé à ces deux nominations pour envoyer un message politique à l’extrême droite. Ces hauts fonctionnaires sont d’abord nommés pour leurs compétences, leurs carrières et les besoins de l’administration territoriale de l’État.

Prétendre connaître une arrière-pensée présidentielle serait faire de la fiction.

Mais puisque la politique possède aussi ses symboles, libre à chacun de sourire de la coïncidence.

Dans un département où le Rassemblement national occupe désormais une place électorale importante, voici deux hauts fonctionnaires aux parcours remarquables qui vont incarner l’autorité de l’État, l’un à Nice auprès du préfet, l’autre à Grasse.

Et le symbole nous plaît.

Pas parce qu’il faudrait opposer les représentants de l’État aux électeurs d’un parti — ce serait contraire à leur mission : un préfet ou un sous-préfet sert tous les citoyens, quelles que soient leurs opinions politiques.

Mais parce que la République française possède précisément cette force : elle ne demande pas à ses serviteurs d’où venaient leurs parents, quelle est leur couleur de peau ou si leur nom paraît suffisamment « français » à quelqu’un.

Elle leur demande d’être compétents, loyaux envers les institutions et capables de servir l’intérêt général.

La meilleure réponse au racisme reste la compétence

Et c’est peut-être là que se trouve le véritable pied de nez.

Les racistes et les xénophobes peuvent disserter indéfiniment sur ce que devrait être, selon eux, un Français.

Pendant ce temps, la République fonctionne.

Elle confie des responsabilités considérables à des femmes et des hommes dont elle reconnaît le mérite professionnel. Ils représentent l’État, font appliquer ses lois, coordonnent ses services et incarnent son autorité.

Ce n’est pas une provocation.

C’est simplement la République.

Et cette nuance est essentielle.

Car il serait dommage de réduire Judicaële Ruby ou Sabry Hani à ce qu’ils représenteraient symboliquement. Leurs parcours parlent suffisamment fort pour eux.

L’une a dirigé des services chargés du terrorisme, du banditisme et de la criminalité financière avant d’entrer dans la préfectorale.

L’autre a exercé dans des territoires aussi différents que le Var, la Drôme, la Guadeloupe, Mayotte ou la Seine-et-Marne et travaillé au niveau national sur la prévention de la délinquance et de la radicalisation.

Ce sont ces compétences qui doivent d’abord être retenues.

Force et courage !

Les Alpes-Maritimes accueillent donc deux hauts fonctionnaires expérimentés à quelques semaines d’intervalle.

À Judicaële Ruby reviendront bientôt des responsabilités considérables aux côtés du préfet Jean-Marie Girier. À Sabry Hani revient désormais la tâche de représenter quotidiennement l’État dans le vaste arrondissement de Grasse.

Ils seront jugés, comme tous les représentants de l’État doivent l’être, sur leurs actes, leur impartialité, leur capacité d’écoute et les résultats de leur action.

Mais aujourd’hui, il est permis de saluer deux parcours construits sur le travail, la compétence et le service public.

Alors bienvenue dans les Alpes-Maritimes, Madame Ruby. Bienvenue dans l’Ouest maralpin, Monsieur Hani.

Et puisque notre département ne manque ni de dossiers difficiles ni de défis à relever, la rédaction de GrasseMat’ leur adresse simplement ces mots :

Force et courage dans vos missions !

Et à ceux que la diversité des visages de la République dérange encore, rappelons cette évidence : la République n’a pas à leur ressembler. Elle doit ressembler à la France.

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