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Sept listes, cinq sièges… mais seulement deux femmes en tête

septembre 19, 2026 | by Jean-Claude JUNIN

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Sénatoriales 2026 dans les Alpes-Maritimes : sept listes officiellement en lice pour cinq sièges

La préfecture des Alpes-Maritimes a publié, vendredi 18 septembre, la liste définitive des candidatures aux élections sénatoriales du 27 septembre 2026. Sept listes de sept candidats se présenteront devant les 2 093 grands électeurs du département pour cinq sièges au Palais du Luxembourg. Un scrutin particulier, puisque les citoyens ne votent pas directement : ce sont essentiellement les représentants des collectivités locales qui choisiront les cinq futurs sénateurs des Alpes-Maritimes.

Cette fois, les candidatures sont officielles.

Après une période de dépôt ouverte du 7 au 11 septembre, la préfecture des Alpes-Maritimes a arrêté, le 18 septembre 2026, la composition des listes qui participeront aux élections sénatoriales du dimanche 27 septembre. Le communiqué préfectoral confirme sept listes candidates, cinq sièges à pourvoir et 2 093 électeurs sénatoriaux dans le département.

Au total, 49 candidats figurent donc sur les bulletins.

Sept listes, cinq sièges

L’ordre présenté ci-dessous est celui fixé par l’arrêté préfectoral du 18 septembre. Les nuances politiques mentionnées sont celles publiées par le Sénat, qui précise qu’elles sont attribuées par les préfets selon la grille du ministère de l’Intérieur.

1 – « Ensemble pour les Alpes-Maritimes » — nuance Divers droite
Alexandra Borchio Fontimp ; Jean-Marc Delia ; Patricia Demas ; Gilles Cima ; Marjorie Rosa ; Christophe Ulivieri ; Laurie Moretto-Allegret.

2 – « Le meilleur est à venir pour les Alpes-Maritimes » — nuance Union des droites pour la République
Laurent Castillo ; Gaëlle Frontoni ; Henri Leroy ; Sophie Eckenberg ; Rafael Quessada ; Loetitia Loré ; Francis Moya.

3 – « #CausesCommunes » — nuance Divers gauche
Jean-Christophe Picard ; Émélie Leduc ; Sébastien Remillieux ; Élise Ferrari ; Philippe Touzeau-Menoni ; Marie-Christine Franc de Ferrière ; Bertrand Lenoir.

4 – « Unissons nos Communes pour la Paix » — nuance Divers
Livio Orsi ; Marie Laviolette ; Pierre Franch ; Océane Olmeta ; Sameh Hassan ; Élodie Sanches ; Léo Haim.

5 – « Ensemble vivons autrement les Alpes-Maritimes » — nuance Union à gauche
Francis Tujague ; Fouzia Ayoub ; Jean-Louis Fiori ; Michèle Muratore ; Jean-Louis Alunno ; Chantal Carrié ; Cédric Garoyan.

6 – « La liberté d’agir pour les Alpes-Maritimes » — nuance Les Républicains
Dominique Estrosi-Sassone ; Bruno Pebeyre ; Brigitte Lizée-Juan ; Cyril Piazza ; Johanna Tourian ; Roger Ciais ; Martine Phal.

7 – « Faisons entrer le programme du Nouveau Front Populaire au Sénat » — nuance La France insoumise
Adrien Nouet ; Leïla Tonnerre ; Pierre Guennaz ; Zohra Briand ; Olivier Salerno ; Solène Gomes ; Jean-Paul Sozedde.

Le document officiel du Sénat identifie par ailleurs comme sénateurs sortants Alexandra Borchio Fontimp, Patricia Demas, Henri Leroy et Dominique Estrosi-Sassone parmi les candidats de ces sept listes.

Seulement deux femmes têtes de liste : la parité s’arrête encore au sommet

Un chiffre saute aux yeux à la lecture de l’arrêté préfectoral : sur les sept listes officiellement engagées dans les Alpes-Maritimes, seules deux sont conduites par une femme : Alexandra Borchio Fontimp, pour Ensemble pour les Alpes-Maritimes, et Dominique Estrosi-Sassone, pour La liberté d’agir pour les Alpes-Maritimes. Les cinq autres têtes de liste sont des hommes.

Cela représente donc 2 femmes sur 7 têtes de liste, soit 28,6 %, contre 71,4 % d’hommes.

Le contraste est d’autant plus intéressant que les listes elles-mêmes respectent obligatoirement l’alternance entre femmes et hommes : le Code électoral impose en effet que chaque liste soit composée alternativement d’un candidat de chaque sexe. La parité est donc garantie dans la composition des listes, mais elle ne l’est pas pour leur première place, particulièrement importante puisque les sièges sont attribués aux candidats selon leur ordre de présentation.

À l’échelle nationale, la féminisation du Sénat a pourtant considérablement progressé : les femmes représentaient seulement 6 % des sénateurs en 1998, contre 39 % aujourd’hui, selon le Sénat.

Dans les Alpes-Maritimes, les candidatures de 2026 montrent ainsi qu’en matière d’accès des femmes à la tête des listes, la parité arithmétique imposée par la loi ne se traduit pas encore par une parité dans les positions de leadership électoral. Avec seulement deux femmes pour conduire sept listes, les formations et mouvements politiques disposent encore d’une marge de progression importante.

Pourquoi sept candidats sur chaque liste pour seulement cinq sièges ?

Ce nombre n’est pas laissé au choix des candidats.

Dans les Alpes-Maritimes, cinq sénateurs doivent être élus. Le code électoral impose, pour ce scrutin proportionnel, que chaque liste comporte deux candidats de plus que le nombre de sièges à pourvoir, soit sept candidats. Les listes doivent également respecter l’alternance entre les sexes.

Cela explique la présentation identique des sept candidatures : chacune comporte sept noms.

Et l’ordre n’est pas anodin : les électeurs ne peuvent ni supprimer un nom, ni modifier cet ordre, ni composer leur propre bulletin.

Un scrutin proportionnel à un seul tour

Le mode de scrutin sénatorial varie selon le nombre de sénateurs élus dans chaque circonscription.

Dans les Alpes-Maritimes, puisqu’il y a cinq sièges, l’élection se déroule à la représentation proportionnelle, à un tour, suivant la règle de la plus forte moyenne, sans panachage ni vote préférentiel. Les sièges obtenus par une liste sont ensuite attribués aux candidats selon leur ordre de présentation.

Les grands électeurs voteront donc pour une liste complète, et non pour une personnalité isolée.

Cette mécanique explique l’importance de la position occupée par chaque candidat : une liste obtenant un siège verra son premier candidat élu ; si elle en obtient deux, les deux premiers le seront, et ainsi de suite.

Mais qui vote aux sénatoriales ?

C’est probablement la particularité la moins bien connue de cette élection : les quelque 1,1 million d’électeurs inscrits dans les Alpes-Maritimes ne seront pas appelés aux urnes le 27 septembre.

Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect.

Dans les Alpes-Maritimes, le collège électoral compte exactement 2 093 électeurs sénatoriaux, selon le chiffre officiel publié conjointement par la préfecture et le Sénat.

Ce collège comprend les députés et sénateurs concernés, les conseillers régionaux élus dans le département, les conseillers départementaux ainsi que les délégués des conseils municipaux.

À l’échelle nationale, le Sénat précise que 95 % des grands électeurs sont des maires, adjoints aux maires ou membres des conseils municipaux.

C’est ce qui vaut traditionnellement au Sénat son image de chambre représentant particulièrement les collectivités territoriales.

Les municipales de 2026 ont renouvelé une partie des grands électeurs

Le calendrier donne cette année une configuration particulière au scrutin.

Les élections municipales ayant eu lieu quelques mois auparavant, ce sont les conseils municipaux issus de ce renouvellement qui ont participé à la constitution du collège électoral sénatorial.

Dans les Alpes-Maritimes, un arrêté préfectoral du 21 mai 2026 avait fixé commune par commune le nombre de délégués et suppléants à élire ainsi que leur mode de désignation ; les conseils municipaux ont procédé à cette étape le 5 juin.

Le résultat des sénatoriales dépend donc très largement de cette représentation territoriale.

Les communes, y compris les plus petites, participent ainsi indirectement au choix de ceux qui représenteront le département au Palais du Luxembourg.

Cinq sénateurs élus pour six ans

Les candidats élus le 27 septembre obtiendront un mandat de six ans.

Le Sénat compte 348 membres et est renouvelé par moitié tous les trois ans. En 2026, le scrutin concerne la série 2, soit 178 sièges à renouveler dans 58 départements métropolitains et plusieurs collectivités et circonscriptions ultramarines ou des Français établis hors de France.

Dans les Alpes-Maritimes, les cinq sièges seront donc répartis entre les listes en fonction des suffrages obtenus et selon la règle de la plus forte moyenne.

À ce stade, l’arrêté préfectoral établit uniquement qui peut se présenter. Il ne permet évidemment pas de préjuger de la répartition des cinq sièges : celle-ci dépendra exclusivement du vote des 2 093 électeurs sénatoriaux le 27 septembre.

Une campagne désormais officiellement lancée

La publication de l’arrêté préfectoral du 18 septembre marque donc une nouvelle étape.

Les sept listes sont désormais connues, leur composition est arrêtée et les grands électeurs disposent du choix définitif qui leur sera proposé.

La diversité des intitulés et des nuances officielles montre un éventail allant de la droite à la gauche, auquel s’ajoute une liste classée « Divers ».

GrasseMat’ suivra naturellement le scrutin du dimanche 27 septembre et publiera les résultats officiels dès leur validation.

Car derrière une élection moins visible du grand public que les municipales, législatives ou présidentielle se joue une représentation essentielle : celle des Alpes-Maritimes au Sénat pour les six prochaines années.

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