À Mougins, Jean-Martin Fortier vient défendre une idée qui pourrait changer l’avenir du maraîchage

octobre 19, 2026 | by Jean-Claude JUNIN

MOUGINS2OK
QuandVendredi 30 octobre 2026, de 9 h 00 à 16 h 30
OùMougins, Scène 55

À Mougins, Jean-Martin Fortier vient défendre une idée qui pourrait changer l’avenir du maraîchage : vivre dignement de moins d’un hectare !

Une grande idée pour les petites exploitations Et si l’avenir d’une partie de notre agriculture se jouait sur de toutes petites surfaces ? Vendredi 30 octobre 2026, la Chambre d’agriculture des Alpes-Maritimes accueillera à Scène55, à Mougins, le Québécois Jean-Martin Fortier, figure internationale du maraîchage bio-intensif. Son message est aussi simple qu’ambitieux : produire efficacement, préserver les sols, limiter les investissements lourds et permettre aux maraîchers de vivre de leur métier. Une journée exceptionnelle à laquelle participeront également Nicolas Chapuis et Magalie Leloire, de la ferme communale de Mougins.

 

Dans les Alpes-Maritimes, la terre agricole est une ressource précieuse.

Entre la pression foncière, le relief, le coût des installations, les contraintes d’accès à l’eau et les difficultés économiques du métier, devenir maraîcher relève parfois du parcours du combattant.

Pourtant, une autre approche de la production agricole suscite un intérêt grandissant : le maraîchage bio-intensif sur petite surface.

Son principe ? Cultiver des surfaces limitées avec une organisation particulièrement soignée, en recherchant une production élevée par mètre carré, tout en accordant une attention centrale à la santé du sol.

Cette démarche sera au cœur d’une conférence organisée le vendredi 30 octobre 2026, de 9 h à 16 h 30, à Scène55, à Mougins, à l’initiative de la Chambre d’agriculture des Alpes-Maritimes.

Et pour en parler, les organisateurs ont invité l’une des personnalités les plus connues du domaine : Jean-Martin Fortier.

Jean-Martin Fortier : un maraîcher devenu une référence internationale

Il porte souvent un chapeau à larges bords, parle de légumes avec enthousiasme et défend depuis plus de vingt ans une conviction : il n’est pas indispensable de posséder des dizaines d’hectares ou des machines imposantes pour construire une activité maraîchère économiquement viable.

Agriculteur, formateur et auteur québécois, Jean-Martin Fortier s’est notamment fait connaître grâce à son expérience des Jardins de la Grelinette, au Québec, ainsi qu’à son livre Le Jardinier-maraîcher, consacré à la culture biologique sur petite surface.

Son approche a contribué à populariser un modèle de ferme où l’on cherche à optimiser chaque planche de culture, chaque déplacement et chaque intervention.

L’objectif n’est pas simplement de récolter davantage.

Il est de construire une exploitation capable de générer un revenu, tout en maîtrisant ses coûts et en améliorant les conditions de travail.

C’est précisément ce qui rend sa démarche intéressante pour les territoires où le foncier agricole est rare ou particulièrement coûteux.

Faible technologie, sols vivants et production intensive : une autre équation agricole

Le maraîchage bio-intensif ne consiste pas à entasser le maximum de légumes sur une parcelle.

Il repose sur une combinaison de pratiques agronomiques et d’organisation du travail.

Parmi les principes régulièrement associés à la méthode de Jean-Martin Fortier figurent les planches de culture permanentes, l’utilisation d’outils adaptés aux petites surfaces, les successions de cultures, la planification rigoureuse des récoltes et la recherche d’une bonne fertilité des sols.

La réduction du recours à de gros équipements motorisés peut également limiter certains investissements.

Le modèle privilégie une mécanisation choisie plutôt qu’une course systématique à la puissance des machines.

Il ne faut toutefois pas confondre « faible technologie » et absence de technicité.

Une petite ferme productive exige une excellente maîtrise des calendriers culturaux, de l’irrigation, des besoins nutritifs des plantes, de la protection des cultures et de la commercialisation.

Et la santé des sols ne se résume pas à une formule : elle suppose de surveiller la matière organique, la structure, la fertilité et les effets des pratiques sur le long terme.

La véritable innovation est peut-être là : produire mieux grâce à l’intelligence agronomique et à l’organisation, plutôt que compter uniquement sur l’agrandissement des surfaces.

Moins d’un hectare : peut-on réellement en vivre ?

C’est évidemment la question centrale.

Le message de Jean-Martin Fortier est qu’une activité maraîchère peut devenir économiquement viable sur une surface limitée, à condition de réunir plusieurs facteurs favorables.

Il faut notamment une production adaptée au marché, des débouchés réguliers, une organisation efficace et une maîtrise des charges.

Les circuits courts, la vente directe ou les partenariats avec des professionnels de l’alimentation peuvent jouer un rôle important.

Mais il serait trompeur de laisser croire qu’une petite parcelle suffit, à elle seule, à assurer un revenu confortable.

La rentabilité dépend du prix du foncier, des investissements, de l’accès à l’eau, de la main-d’œuvre, des rendements effectivement obtenus, du temps de travail et des prix de vente.

Un rendement élevé au mètre carré ne signifie pas nécessairement un bénéfice élevé une fois toutes les dépenses prises en compte.

C’est pourquoi le thème retenu pour la conférence, « Le bio-intensif ou l’avenir du maraîchage sur petites surfaces », mérite un véritable débat technique et économique.

Le modèle ouvre des perspectives. Il ne dispense pas d’une étude de faisabilité sérieuse.

Une question particulièrement importante dans les Alpes-Maritimes

La présentation de l’événement souligne que les exploitations maraîchères maralpines disposent souvent de petites surfaces, évoquant une moyenne de moins d’un hectare.

Cette donnée, qui mériterait d’être rapprochée des statistiques agricoles officielles selon la définition exacte des exploitations retenues, illustre néanmoins un enjeu bien réel : la difficulté de disposer de terres agricoles suffisamment vastes et accessibles.

Dans un département où les espaces cultivables sont soumis à de fortes contraintes, la recherche d’une meilleure valorisation des petites parcelles est particulièrement pertinente.

Le maraîchage bio-intensif pourrait intéresser aussi bien les exploitants déjà installés que les personnes envisageant une reconversion professionnelle.

Il pose également une question de politique locale : comment les collectivités peuvent-elles faciliter l’accès à la terre, à l’eau, aux équipements et aux débouchés ?

Car l’avenir de l’agriculture de proximité ne dépend pas uniquement des techniques de culture.

Il repose aussi sur l’aménagement du territoire, l’accompagnement des installations et les habitudes de consommation.

Le matin : comment une petite ferme peut nourrir de grands rêves

La première partie de la journée, programmée de 9 h à 12 h, sera consacrée à une conférence de Jean-Martin Fortier.

Deux grands thèmes seront abordés.

Comment une petite ferme peut nourrir de grands rêves

Le maraîcher québécois reviendra sur son parcours, ses expériences et les méthodes qu’il a contribué à développer.

Il présentera la manière dont certaines pratiques traditionnelles peuvent être associées à des outils modernes et à une organisation rigoureuse.

L’enjeu sera de comprendre comment construire une microferme à la fois productive, résiliente et respectueuse de son environnement.

Les clés de la rentabilité en maraîchage

Deuxième volet, et sans doute l’un des plus attendus : la dimension économique.

Comment organiser ses cultures pour éviter les pertes de temps ?

Quels investissements privilégier ?

Comment répartir les productions sur l’année ?

Quelles pratiques permettent de maîtriser les charges ?

Et surtout, comment transformer une bonne récolte en un revenu réellement satisfaisant ?

Jean-Martin Fortier partagera les stratégies mises en œuvre dans les fermes auxquelles il a participé.

Une occasion précieuse pour les professionnels de confronter ces expériences à leurs propres réalités.

L’après-midi : les Alpes-Maritimes et le Var face à leurs propres défis

De 14 h à 16 h 30, la conférence laissera place à un débat consacré au potentiel du maraîchage bio-intensif dans les Alpes-Maritimes et le Var.

L’intérêt de cette seconde partie sera de passer des principes généraux aux expériences concrètes.

Aux côtés de Jean-Martin Fortier interviendront plusieurs professionnels :

Sylvain Couderc, créateur des Jardins de la Valette, dans l’Aveyron ;

Baptiste Saulnier, créateur de Cultive, en Vendée ;

Nicolas Chapuis et Magalie Leloire, de la ferme communale de Mougins, dans les Alpes-Maritimes.

Cette confrontation des expériences permettra d’aborder une question essentielle : les méthodes développées dans d’autres régions peuvent-elles être adaptées aux conditions agricoles du sud-est de la France ?

Les réponses dépendront notamment du climat, des sols, de l’accès à l’eau, des circuits commerciaux et de la disponibilité de la main-d’œuvre.

Il n’existe pas nécessairement de modèle universel, mais les échanges entre praticiens constituent une source précieuse de progrès.

Mougins : quand une commune s’implique directement dans la production agricole

La participation de Nicolas Chapuis et Magalie Leloire, présentés comme les représentants de la ferme communale de Mougins, apporte une dimension particulièrement locale à cette rencontre.

Elle permet de mettre en lumière une autre approche de l’agriculture de proximité : l’implication directe d’une collectivité dans une activité de production.

L’expérience mouginoise pourra nourrir les échanges sur les contraintes pratiques d’une exploitation, l’organisation des cultures et les perspectives d’une agriculture locale.

Une ferme communale soulève également des questions intéressantes pour les élus : quelle place réserver à l’agriculture dans les politiques publiques ? Comment protéger durablement les terres cultivables ? Comment rapprocher production et consommation ?

Il serait toutefois prématuré de détailler les résultats économiques ou les rendements de cette ferme sans disposer de données précises et vérifiées.

L’intérêt de la conférence sera justement d’entendre ses représentants témoigner de leur propre expérience.

Une journée ouverte aux agriculteurs… et à tous les curieux

L’événement ne s’adresse pas uniquement aux maraîchers confirmés.

Les organisateurs souhaitent accueillir un public large.

Sont notamment concernés les agriculteurs qui souhaitent faire évoluer leurs pratiques, ceux qui expérimentent déjà le bio-intensif, les personnes envisageant une installation et les acteurs susceptibles d’accompagner de nouveaux projets agricoles.

Mais les habitants intéressés par les enjeux alimentaires et environnementaux sont également les bienvenus.

Cette ouverture est importante.

Car les questions agricoles concernent toute la société.

La manière dont nous produisons nos légumes influence les paysages, l’utilisation de l’eau, l’économie locale, l’emploi et la qualité de notre alimentation.

Comprendre les contraintes du métier constitue aussi une façon de mieux reconnaître le travail des producteurs.

Le 31 octobre : une masterclass réservée aux professionnels

La journée du vendredi 30 octobre sera suivie, samedi 31 octobre 2026, d’une masterclass destinée exclusivement aux professionnels.

Cette formation, proposée sur réservation et avec un nombre de places limité, permettra d’approfondir les aspects techniques et pratiques du maraîchage bio-intensif.

Une rencontre qui pourrait faire germer de nouvelles vocations

Au-delà des techniques et des calculs de rentabilité, cette journée pose une question plus large : comment redonner envie de devenir agriculteur ?

L’installation de nouveaux maraîchers représente un enjeu pour l’avenir de l’alimentation locale.

Or beaucoup de candidats peuvent être découragés par le prix des terres, le montant des investissements et les incertitudes économiques.

Le modèle défendu par Jean-Martin Fortier ne résout pas à lui seul toutes ces difficultés.

Mais il propose une autre manière d’envisager le métier, en partant de surfaces plus modestes et en recherchant une efficacité globale.

C’est une perspective qui mérite d’être étudiée, débattue et, lorsque les conditions s’y prêtent, expérimentée.

Cultiver moins de surface, mais davantage de possibilités

En invitant Jean-Martin Fortier à Mougins, la Chambre d’agriculture des Alpes-Maritimes offre aux producteurs locaux une occasion de confronter leurs pratiques à une expérience reconnue internationalement.

La présence de maraîchers français et des représentants de la ferme communale de Mougins donnera à cette journée une dimension concrète, ancrée dans les réalités de terrain.

Le maraîchage bio-intensif n’est ni une recette magique ni une promesse de richesse facile.

C’est une méthode exigeante, fondée sur l’observation, la compétence et une organisation précise.

Mais elle rappelle une chose essentielle : la taille d’une exploitation ne détermine pas, à elle seule, la valeur du travail agricole ni les possibilités d’avenir d’un territoire.

Et si, dans nos Alpes-Maritimes où chaque parcelle cultivable compte, certaines des grandes réponses agricoles de demain naissaient justement de toutes petites fermes ?

Voilà une question qui mérite largement une journée de réflexion… et peut-être quelques nouvelles vocations !

Informations pratiques

Conférence : Jean-Martin Fortier — Le bio-intensif ou l’avenir du maraîchage sur petites surfaces.

Date : vendredi 30 octobre 2026.

Horaires : de 9 h à 16 h 30, avec une interruption entre les deux sessions.

Lieu : Scène55, Mougins (Alpes-Maritimes).

Programme :

  • 9 h – 12 h : conférence de Jean-Martin Fortier.
  • 14 h – 16 h 30 : débat et partages d’expériences avec des maraîchers, dont les représentants de la ferme communale de Mougins.

Public : professionnels agricoles, porteurs de projets et grand public.

Masterclass professionnelle : samedi 31 octobre, sur réservation, places limitées.

Programme et réservations : https://conferencejeanmartinfortier.chambre-agriculture06.fr/

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