les citoyens font bloc pour la République

octobre 19, 2026 | by Jean-Claude JUNIN

MAIRIE9

Pays de Grasse : devant leurs mairies, les citoyens font bloc pour la République

Des plus petits villages du Haut-Pays aux grandes communes du littoral, élus et habitants ont répondu, ce lundi 19 octobre 2026, à l’appel de l’Association des maires de France. Un même message s’est exprimé devant les maisons communes : la violence ne doit jamais prendre le pas sur la démocratie, ni la peur sur la liberté.

Quand la République rassemble sur le perron des mairies

Il est des jours où la mairie cesse d’être simplement le bâtiment où l’on vient chercher un acte de naissance, déposer un dossier ou rencontrer un élu.

Elle redevient ce qu’elle n’a jamais cessé d’être : la maison commune.

Ce lundi 19 octobre, dans le Pays de Grasse historique, les habitants et leurs représentants se sont retrouvés devant leurs hôtels de ville pour répondre à un appel national à la solidarité et à la mobilisation civique.

Sur les photographies de ces rassemblements, on distingue les écharpes tricolores des élus, les drapeaux français et européens, mais aussi des visages de toutes les générations.

Des rassemblements parfois modestes, parfois particulièrement suivis. Une diversité qui traduit la réalité de notre territoire, où coexistent des villages de quelques centaines d’habitants et des villes de plusieurs dizaines de milliers de citoyens.

Petites ou grandes, les communes partagent pourtant une même responsabilité : préserver ce qui permet de vivre ensemble.

Des violences qui dépassent les seules dégradations matérielles

L’origine de cette mobilisation se trouve dans les violences survenues ces derniers jours dans plusieurs villes françaises.

Incendies de mairies et de bâtiments publics, commerces pillés, équipements dégradés : les événements ont suscité une vive réaction de l’Association des maires de France (AMF).

Dans son communiqué du 18 octobre, l’association condamne ces agressions et souligne que les attaques contre les institutions publiques mettent également en cause les libertés de l’ensemble des citoyens.

Elle cite notamment les communes touchées de Limoges, Marseille, Lille, Bordeaux, Calais et Grenoble.

Derrière les façades endommagées et les vitrines brisées, il y a des agents municipaux, des commerçants, des habitants et des familles dont le quotidien peut être profondément bouleversé.

Il y a aussi des services publics dont le fonctionnement risque d’être perturbé.

Car une mairie n’appartient ni à un maire, ni à une majorité municipale, ni à un parti politique.

Elle appartient, symboliquement et concrètement, à tous les habitants.

À Grasse, une mobilisation autour du monument aux morts

À Grasse, les photographies du rassemblement montrent de nombreux élus ceints de leur écharpe tricolore, réunis avec les habitants autour du monument aux morts.

La présence de plusieurs générations et la diversité des participants donnent à cette mobilisation une dimension particulière.

Ce lieu de mémoire rappelle combien les institutions démocratiques et les libertés publiques sont le fruit d’une histoire collective.

Le rassemblement n’avait pas vocation à effacer les divergences politiques, les désaccords ou les débats qui traversent légitimement la société.

Il exprimait un principe commun : aucun différend ne justifie la destruction de bâtiments publics, les agressions ou le pillage de commerces.

Dans les villages aussi, la solidarité prend tout son sens

Les photographies communiquées montrent également des rassemblements devant plusieurs mairies du Pays de Grasse historique.

Dans ces communes rurales, la mairie conserve souvent une place singulière.

On y connaît les élus, parfois personnellement. Les agents municipaux y assurent des missions très diverses. Le bâtiment communal accueille les décisions qui touchent directement la vie quotidienne.

C’est pourquoi la solidarité exprimée par ces villages envers les communes victimes de violences possède une force particulière.

La distance géographique n’efface pas la proximité institutionnelle.

Qu’une mairie soit installée dans un grand centre urbain ou sur la place d’un village du Haut-Pays, elle incarne le même service public de proximité et le même principe d’égalité entre citoyens.

Manifester est un droit. Détruire n’en est pas un.

La distinction mérite d’être réaffirmée avec clarté.

Le droit de manifester et la liberté d’expression sont des libertés fondamentales dans une démocratie.

Ils permettent aux citoyens de défendre leurs convictions, de contester des décisions et de faire entendre leurs revendications.

L’Association des maires de France prend d’ailleurs soin, dans son communiqué, de distinguer les manifestations qui ont respecté l’ordre public des violences commises à l’occasion de certaines mobilisations.

Cette distinction est essentielle.

Elle protège à la fois les libertés démocratiques et le droit de chacun à vivre en sécurité.

Les auteurs de dégradations, d’incendies, de pillages ou d’agressions doivent répondre de leurs actes devant la justice, selon les responsabilités individuellement établies.

La fermeté face aux violences et le respect de l’État de droit ne sont pas contradictoires. Ils doivent aller de pair.

Soutien aux élus, aux commerçants et aux services de secours

L’AMF a exprimé sa solidarité envers les maires, leurs équipes municipales, les habitants et les commerçants des communes touchées.

Elle a également salué l’engagement des forces de l’ordre et des personnels des services de secours.

Ce soutien est important.

Lorsqu’un bâtiment public est incendié, lorsque des commerces sont dévastés ou que des violences éclatent, policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers et personnels municipaux se retrouvent en première ligne.

Ils interviennent pour protéger les personnes, prévenir de nouveaux dangers et permettre un retour à la vie normale.

Mais le travail ne s’arrête pas lorsque les violences cessent.

Il faut réparer, nettoyer, reconstruire, rouvrir les commerces et rétablir les services.

Autant de tâches qui nécessitent du temps, des moyens et une solidarité durable.

La force tranquille des communes

Ce lundi, les rassemblements du Pays de Grasse historique ont rappelé une évidence parfois oubliée : la République ne vit pas seulement dans les grandes institutions nationales.

Elle vit aussi dans ses communes.

Dans une salle du conseil municipal. Sur une place de village. Au guichet de l’état civil. Dans une école communale. Et sur le perron d’une mairie où des citoyens décident de se retrouver.

La solidarité exprimée aujourd’hui ne résoudra pas, à elle seule, les difficultés profondes que traverse le pays.

Mais elle rappelle qu’au-delà des désaccords, il existe des principes qui méritent d’être défendus collectivement.

À Grasse comme dans les villages du Haut-Pays, le message de ce 19 octobre est simple : face aux violences, la République doit rester la maison de tous.

Et c’est peut-être là la note la plus encourageante de cette journée : lorsque les institutions sont menacées, des citoyens choisissent encore de se rassembler, pacifiquement, pour affirmer leur attachement à la vie démocratique.

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