Saint-Cézaire-sur-Siagne : la Saint-Ferréol, quand tout un village fait vivre ses traditions
Bravade aux flambeaux, fête foraine, boules, messe provençale, chars décorés, feu d’artifice, soirée dansante, grillades et grand aïoli : du 10 au 16 septembre 2026, Saint-Cézaire-sur-Siagne célèbre sa traditionnelle fête patronale de la Saint-Ferréol. Derrière la fête populaire se cache une histoire beaucoup plus ancienne, celle d’un martyr chrétien des premiers siècles dont la mémoire s’est enracinée dans les traditions provençales. Une semaine durant, le village va ainsi conjuguer patrimoine religieux, culture provençale et plaisir de se retrouver.
À Saint-Cézaire-sur-Siagne, certaines dates ne sont pas de simples rendez-vous inscrits dans un agenda. Elles appartiennent à la mémoire collective du village.
La Saint-Ferréol est de celles-là.
Chaque année, elle rassemble les générations autour de traditions qui ont évolué avec le temps sans perdre leur fonction essentielle : faire village. La municipalité la qualifie d’ailleurs d’« emblématique fête patronale », et le rendez-vous figure parmi les grandes manifestations annuelles de Saint-Cézaire-sur-Siagne.
En 2026, la fête se déroule du jeudi 10 au mercredi 16 septembre, avec un programme particulièrement dense.
Mais qui était saint Ferréol ?
Pour comprendre l’origine de la fête, il faut remonter très loin, jusqu’aux premiers siècles du christianisme.
Le Ferréol honoré traditionnellement en septembre est saint Ferréol de Vienne, en Dauphiné. Les sources chrétiennes anciennes et diocésaines le présentent comme un militaire romain, tribun ou centurion, converti au christianisme. Dans le contexte des persécutions contre les chrétiens à la fin du IIIe ou au début du IVe siècle, Ferréol aurait refusé de renier sa foi et cherché à protéger un autre soldat chrétien, Julien de Brioude. Arrêté après avoir tenté de fuir, il aurait finalement été exécuté.
Sa mémoire est traditionnellement célébrée le 18 septembre.
Il faut cependant rester prudent sur un point : les sources historiques disponibles documentent bien le culte de Ferréol et l’ancienneté religieuse de Saint-Cézaire, mais elles ne permettent pas d’établir avec certitude à quelle date ni dans quelles circonstances exactes son culte s’est implanté dans le village. La fête actuelle constitue l’héritière de cette tradition patronale, progressivement enrichie des usages festifs provençaux.
Saint Ferréol… mais un village qui s’appelle Saint-Cézaire
La distinction mérite d’ailleurs d’être faite.
Le village ne doit pas son nom à Ferréol, mais à saint Césaire. L’histoire officielle de la commune indique qu’une église dédiée à saint Césaire existait au plus tard en 1113. Césaire avait été moine à Lérins avant de devenir évêque d’Arles. C’est autour de cette église et du château voisin que se développa progressivement le village médiéval de Saint-Cézaire.
Saint-Ferréol appartient donc à une autre strate de l’histoire religieuse et populaire locale.
Et c’est justement ce qui rend les fêtes patronales provençales passionnantes : elles accumulent au fil des siècles des éléments religieux, civils et festifs jusqu’à devenir un patrimoine collectif dépassant largement leur origine liturgique.
Vendredi soir, la bravade et les flambeaux
L’un des temps forts les plus chargés de tradition arrivera vendredi 11 septembre.
Après le concours de boules prévu à 19h30 place Maure, la bravade débutera à 20h30 au départ de la chapelle du cimetière.
La descente aux flambeaux conduira les participants vers le village avant une animation assurée par Meyli-Meylo.
La bravade appartient pleinement au vocabulaire des fêtes provençales. Au-delà de ses différentes formes selon les communes, elle conserve cette dimension de cérémonie collective où le village se met symboliquement en mouvement.
Dans la nuit, les flambeaux ajouteront cette année encore une dimension particulièrement spectaculaire au cortège.
Samedi : du marché au feu d’artifice
Samedi 12 septembre, le village commencera à s’animer dès 8h30 avec le Marché en fête, place Général-de-Gaulle.
À 14h30, les boulistes retrouveront la place Maure pour un nouveau concours.
Puis, à 22h, les regards se tourneront vers le ciel avec le grand feu d’artifice.
Et la soirée sera loin d’être terminée : dès 22h30, la place Général-de-Gaulle se transformera en piste de danse avec Sonor Events.
La fête foraine, installée du vendredi au dimanche sur le parking du village, accompagnera également ce grand week-end festif.
Dimanche matin, rendez-vous aux Veyans
Le dimanche constitue traditionnellement le cœur de la Saint-Ferréol.
Cette année, il commencera à 9h au hameau des Veyans autour d’un petit-déjeuner.
À 11h, la dimension religieuse et provençale reprendra toute sa place avec une messe provençale à la chapelle, accompagnée par Aïgo Vivo.
Costumes, musique, langue et traditions rappellent alors que la fête patronale n’est pas seulement une succession d’animations : elle est aussi un moment de transmission.
Les photographies des précédentes éditions montrent d’ailleurs combien les tenues provençales, tambours, fleurs et groupes traditionnels participent à l’identité de la Saint-Ferréol.
Les chars : le grand spectacle du dimanche
À 15h, retour place Général-de-Gaulle pour l’un des rendez-vous les plus attendus : le défilé des chars.
Un premier passage « traditionnel » sera organisé à 15h.
Puis, à 16h, changement d’ambiance avec le fameux défilé arrosé à l’eau.
Et puisqu’un peu de compétition ne nuit jamais à la bonne humeur, le concours du meilleur char se déroulera lors des deux passages.
Derrière quelques minutes de spectacle se cachent évidemment des heures de préparation. Imaginer un thème, construire les décors, trouver les accessoires et garder jusqu’au dernier moment quelques secrets font partie intégrante de la fête.
C’est aussi cela, une tradition vivante : elle n’existe que parce que des habitants acceptent chaque année de la fabriquer à nouveau.

L’apéritif… puis les grillades offertes par la municipalité
Après le défilé, la soirée conservera cet esprit de grande réunion villageoise.
À 19h, l’allocution du maire sera suivie d’un apéritif offert par la municipalité.
Puis à 20h, place aux grillades, elles aussi offertes par la commune.
Tables, discussions, retrouvailles entre voisins et familles : probablement l’un des moments qui résume le mieux l’esprit d’une fête patronale.
On vient pour le programme, mais on reste souvent simplement parce que l’on retrouve quelqu’un que l’on n’avait pas vu depuis longtemps.
Lundi, l’incontournable aïoli
Et une fête provençale digne de ce nom pouvait difficilement oublier l’aïoli.
Lundi 14 septembre à midi, le Comité des Fêtes accueillera les convives place Général-de-Gaulle pour le traditionnel grand aïoli.
Bien davantage qu’un plat, l’aïoli est devenu au fil du temps un véritable rituel de convivialité provençale : de grandes tablées, un repas que l’on prend le temps de partager et cette place du village qui devient, pendant quelques heures, une immense salle à manger en plein air.
Les billets sont proposés notamment via HelloAsso après les ventes organisées sur les marchés des 29 août et 5 septembre.
Et mercredi, retour aux origines
La Saint-Ferréol s’achèvera mercredi 16 septembre à 10h, avec une messe célébrée à la chapelle Saint-Ferréol.
Le Comité des Fêtes offrira ensuite un rafraîchissement.
Cette dernière matinée refermera symboliquement la boucle : après les manèges, les chars, les concours, la danse, le feu d’artifice et l’aïoli, la fête retrouvera sa dimension patronale et religieuse.
Une fête faite par tout un village
La municipalité et le Comité des Fêtes occupent évidemment une place centrale dans l’organisation. Le site officiel de Saint-Cézaire rappelle d’ailleurs que le Comité des Fêtes a notamment pour mission l’organisation des fêtes patronales et des fêtes du village.
Mais une fête comme celle-ci repose également sur beaucoup de personnes que le public ne voit pas toujours : bénévoles, associations, groupes traditionnels, services municipaux, commerçants, partenaires et habitants.
Sans eux, pas de chars. Pas de repas. Pas de concours. Pas de cortège.
Les traditions ne se conservent pas dans une vitrine : elles survivent parce que des hommes et des femmes continuent de les pratiquer.
De saint Ferréol aux enfants d’aujourd’hui
C’est peut-être finalement le plus beau paradoxe de cette fête.
Son origine plonge dans une histoire chrétienne vieille de plus de 1 700 ans. Et pourtant, en septembre 2026, elle continue de faire courir les enfants vers les manèges, de réunir les boulistes, de faire danser les habitants et de remplir la place du village.
La mairie offrira d’ailleurs deux tickets de manège à chaque enfant de l’école.
Entre la figure lointaine d’un martyr de l’Antiquité et le ticket de manège d’un écolier de Saint-Cézaire, il existe un fil invisible : celui de la transmission.
Du 10 au 16 septembre, la Saint-Ferréol rappellera ainsi qu’un village possède bien sûr des maisons, des rues et des places, mais qu’il existe surtout à travers les souvenirs que ses habitants fabriquent ensemble.
Et lorsque les tambours résonnent, que les chars traversent la place et que plusieurs générations se retrouvent autour du même aïoli, la tradition n’appartient plus seulement au passé : elle redevient, tout simplement, vivante.
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