Un aménagement forestier
Afin de mieux protéger la vipère d’Orsini.
Pas de frayeur : la vipère d’Orsini est un petit reptile qui se régale d’insectes, en particulier de criquets. Or, on trouve ces insectes dans les milieux ouverts riches en herbes et lavandes au sol. La vipère d’Orsini ne se trouve que sur quelques montagnes à aspect lunaire des Alpes du sud (Cheval Blanc, Lure, crêtes de l’Audibergue, plateau de Calern, montagne de Thiey), un peu comme sur des îles. Sa population est rare et en danger ; c’est pourquoi elle fait l’objet d’un Plan national d’actions en sa faveur.
Le massif du Cheiron est soumis à une importante colonisation par le pin sylvestre. C’est l’un des derniers refuges pour la vipère d’Orsini. C’est également l’une des rares zones où cohabitent vipère d’Orsini et lézard ocellé, deux espèces qui affectionnent les milieux ouverts.
Le massif du Cheiron est également une zone pâturée. Là encore, la colonisation par le pin sylvestre est un handicap puisque le troupeau est plus difficile à surveiller, à la fois pour le berger et pour les chiens de protection et que l’herbe y est moins appétente.
Les milieux ouverts du Cheiron sont, en outre, un lieu de prédilection pour les lavandes. Celles-ci offrent abri et couvert à la vipère d’Orsini ainsi qu’aux abeilles. Cette lavande sauvage est également un produit recherché, qui offre de magnifiques paysages durant la saison estivale.
Un autre enjeu concernant ces zones colonisées par la forêt est le risque d’incendie. Autrefois éloigné des préoccupations locales, le volume de biomasse et les changements climatiques augmentent le risque de grands feux, même en altitude. Récolter une partie de la forêt peut être un moyen de protéger le reste des parcelles.
Afin de maintenir des espaces propices à cette flore et cette faune si particulières des plateaux calcaires des Préalpes, il est proposé de réaliser une coupe de forte intensité (environ 80% des tiges) dans des zones de densité très hétérogène.
Le maintien d’une mosaïque de milieux sera toutefois assuré, du fait de la mosaïque foncière sur cette zone : les dolines, souvent privées, et les endroits où les arbres sont le plus vigoureux, seront préservés. Les arbres entiers seront enlevés, de manière à recréer un biotope favorable à la vipère et au pâturage, entre autres.
Afin de ne pas nuire à la faune, et particulièrement à la vipère d’Orsini – que l’Office national des forêts et ses partenaires cherchent à favoriser -, l’abattage des arbres doit être fait en automne ou en hiver. Ces arbres seront ensuite évacués afin de finaliser l’ouverture de milieux souhaitée.
Là encore, plusieurs aspects sont à prendre en compte :
La pratique du ski dans les environs : les pistes de ski ne doivent pas être empruntées par les engins forestiers pendant la saison si la neige y est présente ;
L’usage du bois : cette coupe s’autofinance par la vente des bois. Elle n’est pas une source de dépense d’argent public. Pour cela, les bois devront être transformés en plaquettes destinées à des chaufferies bois ou des centrales de génération d’électricité. Cet usage nécessite en toute logique d’utiliser le bois le plus sec possible.
Le moindre impact sur les sols : il est préférable d’évacuer le moins possible de feuilles et petites branches des arbres afin que les éléments nourriciers qu’elles renferment fertilisent de nouveau la forêt.
Pour toutes ces raisons, les arbres seront stockés quelques semaines, voire quelques mois, avant d’être évacués à la fin de la saison de ski.
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